Image par satellite, datée du 2 mars 2026, de l’île iranienne de Kharg, dans le nord du golfe Arabo-Persique, qui abrite le principal terminal d’exportation de pétrole brut de l’Iran et assure la grande majorité de ses expéditions de pétrole vers le reste du monde.

On se souvient de la guerre du Golfe de 1990 comme étant la première diffusée en direct sur les télévisions du monde entier. On se souviendra peut-être de celle menée actuellement par les Etats-Unis et Israël en Iran comme étant la première à être suivie en temps réel sur des cartes animées, et grâce à des millions de données détaillant les infrastructures attaquées, le nombre de navires bloqués, leur cargaison, leur origine, leur destination, le pavillon dans lequel ils sont enregistrés, ou encore l’identité de leurs propriétaires.

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Derrière ces données se cache l’entreprise Kpler, créée à Paris en 2014 par deux Français, Jean Maynier et François Cazor. Rares sont les articles sur le blocage du détroit d’Ormuz qui ne la mentionnent pas, comme à chaque fois qu’une crise fait plonger l’économie mondiale dans l’inconnu. Symbole de sa réussite, elle fait partie depuis 2025 des sources dites « secondaires » consultées par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pour vérifier les chiffres de production fournis par ses pays membres, et l’aider à fixer ses quotas.

L’entreprise, au chiffre d’affaires annuel de 300 millions d’euros, aime se définir comme un « Bloomberg du monde physique » qui donne des informations en temps réel sur les itinéraires des navires, leurs cargaisons, les stocks de matières premières, les taux d’utilisation de raffineries, ou les risques de congestion portuaire. Elle agrège pour cela près d’un millier de données, du rapport annoté à la main par un agent portuaire aux signaux de positionnement des navires, en passant par des images prises par satellite ou par drone.

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