En France, la baisse démographique sert aujourd’hui trop souvent d’argument pour justifier la fermeture d’écoles en zone rurale. Telle est la logique comptable qui s’impose, froide et méthodique.
Chaque année, les inspecteurs d’académie de France et de Navarre sortent leur calculatrice pour compter les élèves et décider du sort des postes et des classes. Pendant ce temps, l’Etat demande aux élus d’inscrire leur politique d’urbanisme dans les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, schémas de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme intercommunal ou plans locaux d’urbanisme, imposant aux maires de voir loin.
Pourtant, à rebours de ces exigences, l’éducation nationale demeure encore et toujours le seul ministère qui adapte chaque année ses postes au comptage, à l’unité près, de ses usagers ; le seul ministère qui échappe à toute véritable démarche de prospective et de projection.
Travail de fond
Ce constat bouscule bien d’autres réalités, humaines, économiques, sociales et territoriales. Indéniablement, nous ne lutterons pas contre la désertification rurale en supprimant ce qui en constitue encore le cœur battant. L’égalité républicaine ne peut être réduite à la seule logique comptable et budgétaire. La fermeture d’une école rime en effet souvent, trop souvent, avec l’allongement des temps de transport, la fatigue accrue des enfants et l’éloignement des parents de l’école.
Replacer l’enfant au cœur du système scolaire n’est pas un slogan, mais une nécessité pédagogique. Les bons résultats des écoles rurales rappellent une vérité simple : un système scolaire efficace est avant tout celui capable de s’adapter aux enfants, et non l’inverse. Classes à effectifs réduits, proximité des professeurs avec les élèves et leurs familles, climat scolaire attentif et apaisé : autant de conditions qui favorisent un accompagnement individualisé et renforcent la confiance des enfants.
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