La Chine est à l’arrêt le temps des congés du Nouvel An lunaire, mais Pékin va bientôt retrouver une intense effervescence politique. Début mars, les hauts responsables du Parti communiste chinois convergeront vers la capitale et son immense Palais du Peuple pour le grand rendez-vous annuel de l’Assemblée nationale populaire, chambre d’enregistrement du parti. L’édition 2026 s’annonce particulièrement stratégique : au-delà des objectifs économiques de l’année en cours, les 3 000 délégués entérineront, sans suspense, la feuille de route du pays pour les cinq prochaines années.
Le nouveau plan quinquennal a déjà été finalisé lors d’une réunion des dirigeants de l’Etat-Parti à l’automne 2025. Le pouvoir en avait alors listé les priorités : bâtir une économie modernisée « avec une industrie avancée pour colonne vertébrale », atteindre « un haut niveau scientifique et l’autonomie technologique », ainsi que développer « un marché intérieur fort ». Les détails de cette feuille de route sont attendus, avec de multiples interrogations : comment produire pour exporter toujours plus et soutenir la consommation en berne des foyers chinois ? Le parti unique a-t-il pris la mesure du défi démographique alors que la population chinoise a baissé en 2025 pour la quatrième année consécutive ?
La notion de « plan quinquennal » qui renvoie à l’héritage léniniste du régime a elle-même un côté suranné. A l’heure de l’information en temps réel et de l’intelligence artificielle reine, ce sont encore les hommes du parti qui posent des jalons tous les cinq ans. La première fois que la Chine s’était dotée d’un plan quinquennal remonte à 1953, quatre années après la prise du pouvoir par Mao Zedong et sur inspiration directe du grand frère soviétique. Les plans sont devenus inhérents au système politique chinois, pour le meilleur comme pour le pire. Le deuxième, en 1958, se démarque par la promesse d’un « Grand bond en avant » qui devait faire de la Chine une grande puissance industrielle en un temps record, au détriment de son agriculture. Las ! Il a mené à une immense famine, avec 30 millions de morts, selon certaines estimations.
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