Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, lors d’une cérémonie d’anciens élèves de l’université de Harvard, à Cambridge (Massachusetts), le 25 mai 2017.

Des études, pour quoi faire ? Un étrange vent « anti-études » souffle sur la tech à San Francisco (Californie). Arbaaz Mahmood en est le symbole : il a préféré renoncer à un doctorat dans l’une des universités les plus prestigieuses du pays pour lancer sa start-up d’intelligence artificielle (IA) spécialisée dans les ventes d’automobiles, Polycomputing. « Si mon projet est le bon, rien ne sert de faire la comédie devant un jury de professeurs, il faut construire son prototype », affirme le jeune entrepreneur d’origine pakistanaise, qui ajoute deux raisons à son choix : « J’avais demandé un PhD [doctorat] de physique nucléaire et j’ai eu biophysique. » Surtout, « [il] voulai[t] rester aux Etats-Unis. Lancer la start-up [lui] a permis d’avoir un visa 01 », explique-t-il, celui réservé aux candidats exceptionnels.

Son choix s’est fait dans un contexte de déconvenue sur l’enseignement supérieur. « Quand je suis arrivé du Pakistan aux Etats-Unis, c’était pour moi le symbole de la liberté. Mais le “wokisme” était partout, la liberté d’expression n’existait pas. Cela m’a convaincu d’aller dans le monde des start-up où l’on peut dire des choses politiquement non correctes. Les études académiques tendent à être normatives alors que ce monde est censé avoir une pensée transgressive, mais ce n’est pas le cas », affirme M. Mahmood, qui défend pourtant les études. « Les jeunes doivent aller à l’université car les sciences humaines sont ce qu’il y a de plus important. On a tendance à avoir des personnes techniquement formées mais illettrées politiquement. C’est une des conséquences du fait d’abandonner ses études », estime-t-il.

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