
Si l’on regarde froidement les données de l’Autorité de régulation des transports (ART), c’est indiscutable : l’offre à bas coûts de la SNCF, Ouigo, ne l’est plus tant que ça. Le prix moyen d’un billet Ouigo est passé de 19,60 euros hors taxes en 2015 à 34,70 euros en 2024, date des dernières données disponibles. Soit une hausse de près de 77 % du prix moyen de la place, ce qui reflète le changement majeur de stratégie qu’a opéré la filiale de l’opérateur historique depuis son lancement en 2013.
Puisque le modèle du train à bas coût s’est inspiré de celui de l’avion, qui a émergé en Europe dans années 1990, tentons une comparaison. A son lancement en 2013, Ouigo avait emprunté à Ryanair un concept clé : profiter des infrastructures périphériques des grandes villes pour faire baisser les prix. Jusqu’en 2017, les Ouigo fuyaient les gares à fort trafic situées au cœur des grandes villes et leur préféraient Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), Massy (Essonne) ou Lyon Saint-Exupéry (Rhône), loin des centres-villes. Officiellement, justifiait Guillaume Pépy en 2013, alors qu’il était PDG de la SNCF, c’était pour « enfin s’occuper des gens qui habitent la Seine-et-Marne ou l’Essonne ».
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