• Pour limiter l’augmentation du prix à la pompe, le gouvernement privilégie l’utilisation des stocks stratégiques de carburant.
  • Autre option, un éventuel blocage des prix risquerait quant à lui de provoquer des pénuries.
  • Une baisse des taxes coûterait pour sa part entre 300 et 500 millions d’euros à l’État.

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Inflation : les prix s’envolent

Piocher dans les stocks stratégiques de carburant : voici la solution privilégiée par le gouvernement pour freiner la hausse des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient ayant entraîné le blocage du détroit d’Ormuz. Une grande partie est entreposée à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) dans d’immenses galeries souterraines, où une équipe du 20H de TF1 s’est rendue (reportage ci-dessus).

Au total, ces réserves qui appartiennent à des entreprises pétrolières représentent 18 millions de tonnes de carburant, soit trois mois de la consommation française. Et le ministre de l’Économie n’exclut pas de s’en servir. « Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves de stocks stratégiques, de manière à stabiliser les marchés », assure Roland Lescure.

Si le gouvernement décide de baisser les taxes d’1 centime, par exemple, cela lui coûterait entre 300 et 500 millions d’euros

Mais cela permettrait de limiter temporairement la flambée des prix sans entraîner une réelle baisse à la pompe. Faut-il alors bloquer les prix ? C’est possible. La Croatie vient par exemple de le mettre en place. Mais selon les experts, cela provoquerait des pénuries. Car les stations-service achèteraient du carburant de plus en plus cher, mais n’auraient plus le droit de répercuter cette hausse à la pompe. Résultat, elles vendraient à perte, ce qui est impossible pour elles. 

En revanche, les distributeurs peuvent proposer des opérations à prix coûtant. Mais pour le moment, aucun d’entre eux ne les a mises en place. La solution pour faire baisser les prix serait donc ailleurs. « Dans des moments exceptionnels comme ça, il faudrait que l’État fasse une réduction de taxes », estime un automobiliste. Est-ce possible de les baisser ? Oui, mais en ce moment, ce ne sont pas elles qui augmentent. Si on prend l’exemple de l’essence, en une semaine, le coût du pétrole brut et du raffinage a augmenté de 5 centimes et le coût de distribution de 3 centimes. Mais les taxes représentent toujours la majeure partie de ce que vous payez à la pompe. Si le gouvernement décide de les baisser d’1 centime, par exemple, cela coûterait entre 300 et 500 millions d’euros à l’État. 

« La France a très peu de marge de manoeuvre. Je rappelle que le budget 2026 prévoit un déficit public à hauteur de 5% du PIB. Ça nous a coûté très cher, le bouclier tarifaire mis en place à partir de 2022 », précise Stéphanie Villers, économiste chez PWC France.En effet, l’État avait par exemple financé une remise à la pompe jusqu’à 30 centimes pendant plusieurs mois peu après le début de la guerre en Ukraine. Cela avait coûté 8 milliards d’euros aux finances publiques.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Pierre CORRIEU, Nicolas LAURENT, Tristan VARTANIAN

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