Emmanuel Macron a de bonnes raisons de se rendre au Japon. Rappelons-les. On oublie trop souvent en France que le Japon est parmi les mieux classées des démocraties – l’affaire Ghosn [2018-2020] en avait offert l’illustration. Dans le classement que produit l’Economist Intelligence Unit depuis 2006, le Japon a toujours, sauf en 2019, été mieux classé que la France.

A la différence de cette dernière, classée en 2025 parmi les « flawed democracies » [« démocraties imparfaites »], il est bien, lui, une « full democracy » [« démocratie pleine et entière »]. On parle souvent de « déclin japonais », notamment démographique, du fait que sa population baisse. Elle est encore de 125 millions d’habitants, environ deux fois plus que la France, l’Espagne ou l’Italie.

On parle aussi d’un déclin économique parce que le Japon a connu une longue déflation, que sa part de l’économie mondiale a reculé avec la croissance chinoise. Il reste toutefois la quatrième puissance économique du monde, selon le classement de la Banque mondiale. La France est septième. On dit trop peu que, beaucoup plus que la France, le Japon reste une puissance manufacturière.

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Il consacre une part plus importante de son produit intérieur brut à l’innovation qu’elle : 3,41 %, contre 2,23 % pour la France, selon la Banque mondiale en 2022. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, en 2024, le Japon est classé troisième pour le nombre de dépôts de brevet (plus de 420 000, contre 51 000 pour la France).

Contrepoids à la Chine

Ce dynamisme fait du Japon le meilleur candidat à des accords sur les technologies émergentes. Le fait n’a pas échappé aux partenaires de l’Aukus (l’alliance regroupant l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni), l’accord technologique pour lequel l’Australie a dénoncé son contrat avec Naval Group en 2021 : des discussions sont en cours pour que le Japon y participe (au titre du « pilier 2 »). Le Japon construit en outre un avion de sixième génération avec le Royaume-Uni et l’Italie.

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