
Quatre ans après le départ des forces françaises déployées au Mali dans le cadre de l’opération « Barkhane » et une longue phase de recul de la présence militaire française en Afrique, la France ne cache plus sa nouvelle stratégie sur le continent. Dernier signe en date de ce redéploiement : la ratification à venir, dans le courant de février, d’un accord de défense avec le Kenya qui avait été annoncé, en juillet 2025, au détour de la publication de la revue nationale stratégique 2025, document de doctrine en matière de défense et de diplomatie.
L’accord, signé le 27 novembre 2025, se veut l’incarnation d’un pivot, recherché de longue date par Paris, vers l’Afrique anglophone. Selon le document que Le Monde a pu consulter, il comprend classiquement de nombreux éléments juridiques sur le statut des militaires français sur le sol kényan : conditions d’entrée sur le territoire, exemptions fiscales, droit applicable… Il mentionne aussi l’organisation d’exercices conjoints et d’entraînements, ainsi que le partage d’informations.
Seul enjeu explicitement mentionné : la sécurité maritime, dossier que la France tente d’investir depuis plusieurs années à l’échelle régionale. « Le Kenya a besoin de renforcer son dispositif pour lutter contre la piraterie et la contrebande, et l’offre de la France en matière de contre-terrorisme, de renseignement, d’entraînement des forces spéciales est très adaptée à la situation », précise Nathaniel Powell, spécialiste de l’Afrique au sein du cabinet de conseil britannique Oxford Analytica.
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