• Viktor Orban a annoncé mercredi vouloir réduire progressivement les livraisons de gaz hongrois à l’Ukraine, en représailles au blocage de l’oléoduc pétrolier Droujba.
  • La Hongrie est devenue l’une des principales sources de gaz de l’Ukraine.
  • Budapest bloque également un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à Kiev.

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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année

Viktor Orban choisit l’escalade. Dans une vidéo publiée ce mercredi 25 mars sur Facebook, le Premier ministre hongrois a annoncé qu’il allait « réduire progressivement les livraisons de gaz » à l’Ukraine. La raison ? Kiev ne fait rien, selon lui, pour rétablir le transit de pétrole russe (nouvelle fenêtre) via l’oléoduc Droujba, qui traverse son territoire.

« Tant que l’Ukraine ne fournira pas de pétrole, elle ne recevra pas de gaz de la part de la Hongrie », a-t-il tranché. Il faut dire que le contexte est tendu depuis le début de cette année : l’Ukraine affirme en effet que cet oléoduc stratégique a été endommagé par des frappes russes le 27 janvier et qu’elle ne peut donc pas en assurer le transit. Car la Hongrie et la Roumanie, qui bénéficient toutes deux d’exemptions européennes pour continuer à acheter (nouvelle fenêtre) du pétrole russe, n’y croyaient pas et accusent Kiev d’avoir… volontairement bloqué l’approvisionnement.

Un levier de poids

D’autant que la semaine dernière encore, la patronne de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait annoncé que l’UE allait aider à rouvrir l’oléoduc. Pas suffisant pour Viktor Orban visiblement. Mais pourquoi une telle décision est une mauvaise nouvelle pour l’Ukraine ? Car la Hongrie est devenue en quelques années l’un des principaux fournisseurs de gaz de Kiev, un paradoxe, alors que la Hongrie de Viktor Orban multiplie les signes de rapprochement (nouvelle fenêtre) avec Moscou. 

Selon le cabinet de conseil ukrainien ExPro, l’Ukraine a importé près de 3 milliards de mètres de cubes de gaz hongrois en 2025, soit 45% de l’ensemble de ses importations cette année-là. Une part qui a certes reculé à 34% en mars 2026, mais reste considérable.

Les conséquences de ce bras de fer dépassent qui plus est le seul dossier gazier. Viktor Orban bloque également un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, s’attirant en représailles les foudres de Volodymyr Zelensky. Budapest comme Bratislava s’opposent aussi à l’adoption de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, pourtant validées par le reste de l’UE. Autant de leviers que Viktor Orban actionne méthodiquement, au grand dam de ses partenaires européens.

Surtout que la situation au Moyen-Orient semble avoir quelque peu éclipsé le dossier ukrainien du bureau de Donald Trump, devenu désormais, selon les mots de Volodymyr Zelensky, « le principal point d’attention de la partie américaine ».

Aymen Amiri avec AFP

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