La photo montre des centaines de cartons contenant de faux blocs de serveurs remplis de faux processeurs d’intelligence artificielle (IA). Au premier plan, dans l’entrepôt, on voit une femme munie de l’arme du crime, un sèche-cheveux rouge qu’elle utilise pour décoller les étiquettes des cartons originaux et les numéros de série des vrais processeurs pour les recoller sur les faux. Voilà un des éléments du tour de passe-passe qui, selon la justice américaine, a permis le plus important trafic identifié à ce jour de processeurs de pointe du champion américain Nvidia vers la Chine. Le détournement s’élèverait à 2,5 milliards de dollars (environ 2,2 milliards d’euros) et implique Wally Liaw, le cofondateur et vice-président de Supermicro, l’une des plus importantes entreprises assemblant les processeurs d’IA en serveurs, cotée au Nasdaq.
Citoyen américain, Wally Liaw a été arrêté, jeudi 19 mars, ainsi qu’un agent commercial indépendant originaire de Taïwan, Willy Sun. Ils risquent jusqu’à vingt ans de prison. Le responsable du bureau de Supermicro à Taïwan, Steven Chang, est en fuite. Selon les enquêteurs, ils ont organisé à partir de 2024 la livraison vers la Chine de produits phares de Supermicro, des serveurs contenant des puces B200 et H200 de Nvidia, prétendant qu’ils étaient expédiés à des entreprises installées en Asie du Sud-Est alors qu’ils étaient destinés à la Chine.
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