Des migrants sur le port de Kaloi Limenes, en Crète (Grèce), le 21 février 2026.

Depuis le 11 février, le militant norvégien Tommy Olsen se savait sous le coup d’un mandat d’arrêt européen déposé par Athènes. Lundi 16 mars, des policiers sont venus l’interpeller chez lui à Tromso, dans le nord du pays scandinave, d’où il dirigeait depuis 2017 son ONG Aegean Boat Report. Celle-ci documente les opérations de refoulement vers la Turquie menées par les gardes-côtes grecs, qui sont devenues quasi systématiques depuis six ans. Athènes a toujours nié recourir à cette méthode contraire au droit international, malgré les enquêtes de journalistes, des ONG, et des instances internationales comme le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

La police grecque accuse M. Olsen, notamment, de « complicité de trafic d’êtres humains », d’« espionnage » et d’« activités criminelles ». Le 11 février, Tommy Olsen avait réagi sur le site de son ONG, disant être l’objet « d’un ciblage délibéré (…) dans le but de [l]’intimider ». « Nos rapports ont systématiquement documenté l’usage de refoulements violents par les autorités grecques », affirmait-il encore.

L’enquête de la police grecque remonte à 2022, lorsque deux groupes de réfugiés avaient débarqué sur les îles grecques de Lesbos et de Kos, situées à quelques encablures de la Turquie. Comme à son habitude, Aegean Boat Report, souvent contactée par les migrants en situation de détresse, a transmis aux autorités de Kos les informations concernant les nouveaux arrivants, ainsi que leur localisation, afin qu’ils puissent être transférés en toute sécurité dans un camp et y déposer leur demande d’asile.

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