
Un mot dans l’air. Jean-Luc Mélenchon, pendant la séquence des municipales, n’a cessé de vanter la « nouvelle France », jeune, urbaine et bigarrée. « A Saint-Denis [Seine-Saint-Denis], la nouvelle France est affirmée », a-t-il dit par exemple. Ses troupes promettent qu’elle « balaiera » la droite et l’extrême droite en 2027.
L’expression hérisse les adversaires de La France insoumise (LFI), ce qui n’est pas pour déplaire au fondateur du mouvement. Bruno Retailleau (Les Républicains) y voit la « fin de la France » ; Gabriel Attal (Renaissance), la « négation de la France ». « C’est la dissolution de la République, de toutes nos valeurs républicaines. (…) Il y a l’idée que chacun doit être renvoyé avant tout à ses origines, à sa couleur de peau (…). C’est un tract pour le Rassemblement national », a déclaré le secrétaire général de Renaissance le 24 mars, sur France Inter.
L’expression, en elle-même, est pourtant d’une grande banalité. Elle a connu bien des vies : elle a désigné les colonies en Amérique (Louisiane, Canada, Acadie) ; elle a servi de titre à un mensuel d’extrême droite dans les années 1920 ; retournée (« la France nouvelle »), elle a titré un livre du maréchal Pétain en 1941 ; dans la presse de l’après-guerre, elle désignait le pays que l’on tentait de rebâtir…
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