Le nombre de cas signalés de la maladie a bondi de 40% en une semaine, a annoncé la préfecture de l’île.
L’épidémie est désormais « généralisée sur l’ensemble » du territoire, selon les autorités.
Depuis août 2024, deux personnes âgées sont mortes du virus, mais plusieurs autres décès sont en cours d’investigation, pour déterminer un éventuel lien avec la maladie.

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L’épidémie continue de gagner du terrain. Près de 6.000 nouveaux cas de chikungunya (nouvelle fenêtre) ont été recensés en une semaine à La Réunion, soit 40% de plus que la semaine précédente, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires, soulignant que plusieurs décès sont en cours d’investigation pour déterminer leur lien avec le virus. 

Entre le 17 et le 23 mars, 5.832 cas ont été recensés, contre 4.156 la semaine précédente, selon le dernier bulletin de Santé publique France (SPF). Plus de 18.000 consultations pour chikungunya en médecine de ville ont aussi été enregistrées. « L’épidémie poursuit sa progression et est généralisée sur l’ensemble de l’île », note la préfecture dans un communiqué (nouvelle fenêtre). La commune de Tampon est la plus touchée, comptabilisant 4.700 cas. Viennent ensuite les villes de Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre. 

Les hospitalisations en hausse, plusieurs nourrissons touchés par des cas graves

Depuis le début de l’épidémie, en août 2024, 20.242 cas ont été signalés, dont l’écrasante majorité depuis janvier 2025. Deux personnes âgées sont mortes du virus (nouvelle fenêtre), transmis par le moustique tigre (nouvelle fenêtre). Ce bilan pourrait encore grimper : « plusieurs décès sont actuellement en cours d’investigation quant à l’imputabilité du chikungunya », précise le bulletin, sans mentionner leur nombre. Il ajoute qu’« à ce jour, 31 cas graves, c’est-à-dire ayant présenté au moins une défaillance d’organe, ont été signalés »

Tous concernaient des adultes de plus de 65 ans ou des nourrissons de moins de deux mois. Dans le détail, 14 nouveau-nés ont été hospitalisés en service de soins intensifs pédiatriques ou de réanimation néonatale. Parmi eux, deux d’entre eux ont été pris en charge suite à une encéphalite, une complication neurologique, due à une transmission du virus par la mère. 

« L’activité hospitalière est toujours en hausse » avec 129 hospitalisations de plus de 24 heures, note aussi l’Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion, qui précise qu’un quart de ces patients avaient « moins six mois et près de la moitié plus de 65 ans ». « Au total, pour la semaine du 17 au 26 mars, 25 femmes enceintes et 17 nourrissons ont été hospitalisés », selon la préfecture. 

Appel à la vigilance

Les autorités appellent ainsi les femmes enceintes à la plus grande vigilance, en se protégeant « durant toute la grossesse et plus particulièrement lors du dernier trimestre ». Elles recommandent en particulier d’utiliser des répulsifs anti-moustiques adaptés aux femmes enceintes et aux nourrissons, mais aussi d’installer des moustiquaires (nouvelle fenêtre), d’éliminer les eaux stagnantes chez soi et de porter des vêtements longs. 

La Haute autorité de santé a recommandé par ailleurs début mars de vacciner en priorité (nouvelle fenêtre) les personnes de plus de 65 ans, les adultes avec des comorbidités (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, etc.) et les agents de lutte anti-moustique. Mais le vaccin « Ixchiq », préconisé par l’instance, « n’est pas indiqué pour les femmes enceintes et les enfants », rappelle la préfecture, qui renvoie aux mesures barrière de protection. Une campagne de sensibilisation a été lancée, appelant plus largement à protéger les publics vulnérables, dont également les personnes âgées et qui présentent des comorbidités. 

Le pic de l’épidémie est attendu de mi-avril à fin avril par les professionnels de santé. L’impact de la maladie reste pour l’instant loin de celui de l’épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260.000 personnes, soit un tiers de la population de l’île, et tué 225 personnes.  

M.L. avec AFP

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