Le directeur général de l’Autorité syrienne des investissements Talal Al-Hilali (à gauche), le ministre de l’économie et de l’industrie syrien, Mohammad Nidal Al-Shaar (au centre), marchant aux côtés du ministre de l’investissement saoudien, Khaled Al-Faleh (deuxième à droite), à l’aéroport international de Damas, en Syrie, le 7 février 2026.

Riyad et Damas ont signé des nouveaux accords d’investissement pour relancer l’économie dévastée de la Syrie, samedi 7 février, incluant la création d’une compagnie aérienne commune et un projet de 1 milliard de dollars de développement des télécommunications.

Les nouvelles autorités syriennes s’emploient à attirer des investissements pour reconstruire le pays, après une guerre civile de plus de treize ans. Elles ont déjà signé une série d’accords avec des pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, devenue une alliée d’Ahmed Al-Charaa, le président de transition islamiste qui a renversé le dirigeant syrien Bachar al-Assad en décembre 2024.

Dans le détail, Talal Al-Hilali, chef de l’autorité syrienne d’investissement, a annoncé à Damas devant la presse, cinq accords entre les deux pays, dont l’un pour la création d’« une compagnie aérienne low-cost syro-saoudienne » baptisée « Nas Syria ». Il comprend aussi la construction d’un nouvel aéroport à Alep, ville située au nord de la Syrie, d’une capacité de 12 millions de passagers, ainsi que des travaux dans l’aéroport existant.

Un projet baptisé « SilkLink » vise à développer « les infrastructures de télécommunications et la connectivité numérique » en Syrie, a-t-il encore détaillé. Il est doté d’une enveloppe « d’environ 1 milliard de dollars », a précisé le ministre des télécommunications syrien, Abdulsalam Haykal. Un autre accord porte sur le dessalement de l’eau et la coopération au développement.

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« Ce n’est qu’un début »

Le ministre de l’investissement saoudien, Khaled Al-Faleh, a en outre évoqué le lancement d’un fonds d’investissement pour « des projets majeurs en Syrie avec la participation du secteur privé » saoudien. L’enjeu est de « construire un partenariat stratégique », a-t-il résumé. Les projets concernent « des secteurs vitaux qui touchent la vie des gens et constituent des piliers essentiels pour la reconstruction de l’économie syrienne », a mis en avant M. Al-Hilali.

En juillet 2026, Riyad avait déjà signé des accords d’investissement et de partenariat avec la Syrie d’une valeur de 6,4 milliards de dollars. « Ce n’est qu’un début », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable du ministère de l’investissement saoudien. Il est prévu « que les investissements s’étendent à tous les secteurs qui constituent une priorité urgente pour la vie des Syriens », a-t-il assuré.

L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a salué ces accords, estimant sur X que « des partenariats stratégiques dans l’aviation, les infrastructures et les télécommunications contribueront de manière significative aux efforts de reconstruction de la Syrie ».

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Un coût de reconstruction supérieur à 200 milliards de dollars en Syrie

L’analyste Benjamin Fève, spécialiste de l’économie syrienne, reste néanmoins prudent sur leur portée. « A court terme, je dirais que ces accords ont davantage d’importance en tant que signal politique qu’en tant que facteur de changement économique », note-t-il auprès de l’AFP, jugeant que les projets retenus « ne sont pas prioritaires et ne sont pas suffisants pour reconstruire le pays ».

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Les Etats-Unis ont définitivement levé en décembre les sanctions américaines sur la Syrie, un pays resté longtemps dans les sphères d’influence de l’Iran et de la Russie. La Syrie faisait l’objet de sanctions internationales depuis 1979, renforcées après la répression par le pouvoir de Bachar Al-Assad de manifestations prodémocratie en 2011, qui a débouché sur la guerre civile.

La loi « Cesar » − adoptée en 2019 lors du premier mandat de Donald Trump − imposait des sanctions américaines drastiques, dont la mise au ban de la Syrie du système bancaire international et des transactions financières en dollars. Le coût de la reconstruction de la Syrie pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

Lors d’une visite en Arabie saoudite à la fin d’octobre, M. Al-Charaa avait affirmé que son pays avait attiré 28 milliards de dollars d’investissements depuis la chute de Bachar Al-Assad. En avril, l’Arabie saoudite et le Qatar se sont engagés à régler la dette de la Syrie envers la Banque mondiale, qui s’élève à environ 15 millions de dollars.

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Le Monde avec AFP

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