La chute est vertigineuse. Avant la pandémie de Covid-19, entre 2016 et 2019, il se vendait plus de 2 millions de voitures neuves chaque année en France. Depuis 2020, le marché se stabilise autour de 1,6 million. Trou d’air passager, ou faut-il adapter les structures commerciales et industrielles à l’étiage actuel ? La question agite tout le secteur, des lobbys professionnels au ministère de l’industrie, en passant par les énergéticiens qui comptent sur le développement du parc électrique. L’ONG Transport & Environment (T&E) a apporté sa contribution à la réflexion dans son analyse du marché automobile publiée jeudi 12 février.

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Pour Léo Larivière, responsable du plaidoyer transition automobile de l’ONG, le constat est clair. Il y a bien un problème de volumes. Les particuliers « désertent le marché des voitures neuves » (− 17 % entre 2024 et 2025) et les ventes aux sociétés reculent aussi, dans une moindre mesure (− 7 %). Seuls les achats des loueurs progressent. Mais pour lui, ce n’est pas une crise, un mauvais moment à passer, un trou d’air du marché à mettre sur le dos de la fiscalité (malus CO2, malus lié au poids de la voiture, fin des avantages en nature pour les voitures de fonction thermiques ou ayant un mauvais score environnemental…).

« La crise des volumes cache en fait un pic du thermique », explique-t-il. Ce sont les ventes de voitures à moteur à essence ou diesel qui baissent. « Le taux d’équipement est déjà très élevé, les offres d’occasion sont attractives et les gains technologiques marginaux sur les nouveaux modèles. Or dans le même temps l’offre de petits modèles a quasiment disparu et les prix ont fortement augmenté – de plus 7 000 euros en moyenne entre 2020 et 2024 », analyse l’expert, qui constate que « les mêmes causes produisent les mêmes effets dans toute l’Europe ».

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