Vue aérienne de l’aéroport d’El Paso (Texas), aux Etats-Unis, le 6 février 2026.

L’alerte n’a duré que quelques heures. La Federal Aviation Administration (FAA) américaine a levé, mercredi 11 février, la fermeture temporaire de l’espace aérien au-dessus de la ville d’El Paso, au Texas, revenant brusquement sur sa décision de suspendre les vols vers ou en provenance de l’aéroport international de la ville pour ce que les responsables avaient indiqué être une durée de dix jours. « Il n’y a aucune menace pour l’aviation commerciale. Tous les vols reprendront normalement », a écrit l’agence sur les réseaux sociaux, sans plus de détails.

Sean Duffy, le secrétaire aux transports des Etats-Unis, a suggéré que les cartels mexicains de la drogue auraient violé l’espace aérien des Etats-Unis : « La FAA et le DOW [ministère de la défense américain] ont agi rapidement pour faire face à une incursion de drone liée à un cartel. La menace a été neutralisée. » L’administration américaine n’a pas donné plus de précisions sur ces drones ou les moyens qui auraient été employés pour les neutraliser.

L’affaire survient sur fond de tensions entre Washington et Mexico, liées au trafic de stupéfiants et aux différends commerciaux entre les deux pays. Dans la nuit de mardi à mercredi, la FAA avait déclaré sur son site qu’« aucun pilote [n’était] autorisé à faire voler un aéronef dans les zones concernées par cet avis ». La restriction de survol de l’espace aérien, qui visait aussi la localité voisine de Santa Teresa, au Nouveau-Mexique, concernait les vols cargo comme commerciaux. Elle devait initialement prendre fin le 21 février, mais la FAA a annoncé sa suspension peu après 16 heures (à Paris) mercredi, près de huit heures plus tard.

Selon plusieurs médias américains, cette fermeture a été déclenchée par un différend entre la FAA et le Pentagone sur des tests de technologie laser antidrone près de Fort Bliss – une base de l’armée qui jouxte l’aéroport d’El Paso –, après qu’un dispositif aurait visé ce qui s’est révélé être un simple ballon de fête, selon des sources citées par CBS News. La nature précise de cette technologie n’est pas connue, explique de son côté le New York Times. L’activité de drones liés aux cartels n’est pas inhabituelle le long de la frontière, note pour sa part le site The Intercept.

La ville d’El Paso – près de 700 000 habitants – est située à la frontière du Mexique sur l’une des rives du fleuve Rio Grande faisant face à la ville mexicaine de Ciudad Juarez (1,5 million d’habitants). Son aéroport, qui a accueilli 3,49 millions de passagers au cours des onze premiers mois de 2025, est desservi par les principales compagnies aériennes américaines. Sa fermeture a laissé des voyageurs bloqués avec peu d’options à proximité. Le grand aéroport américain le plus proche se trouve à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, à près de 440 kilomètres.

Les autorités locales prises de court

Les autorités de cette ville frontalière du Mexique ont laissé entendre qu’elles n’avaient pas été consultées. « D’après les informations que mon bureau et moi-même avons pu recueillir (…), il n’y a pas de menace immédiate pour la communauté dans les zones environnantes », a écrit sur le réseau social X la démocrate Veronica Escobar, qui représente la ville au Congrès, peu avant la suspension de cette mesure. Elle a ajouté : « La FAA lève à juste titre la restriction temporaire de l’espace aérien. Je tiens à réitérer qu’il n’y a aucune menace pour El Paso ni pour les zones environnantes. »

« Personne au sein du gouvernement local ni de la base militaire locale n’a reçu de préavis de plus de quelques minutes, pas plus que le maire, a déclaré au Wall Street Journal l’élu local Chris Canales. Nous n’avons jamais vu quelque chose d’aussi radical. »

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De son côté, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a annoncé que son gouvernement avait ouvert une enquête, ajoutant n’avoir « aucune information concernant l’utilisation de drones à la frontière ».

Thor Salayandia, président de l’Association des entreprises frontalières du Mexique, a expliqué à l’agence Associated Press que de nombreuses maquiladoras mexicaines – des usines qui produisent des biens principalement destinés aux consommateurs américains – dépendent de l’aéroport d’El Paso pour expédier leurs produits. Il a ajouté que le Mexique devrait envisager d’augmenter la capacité de l’aéroport de Ciudad Juarez afin de ne pas être aussi dépendantes des décisions de l’administration Trump.

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En janvier, après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations maritimes soupçonnées de transporter de la drogue, attaques qui ont fait plus de 100 morts, Donald Trump avait annoncé que les Etats-Unis allaient mener « des frappes au sol » contre les cartels, sans toutefois préciser exactement où. « Les cartels dirigent le Mexique. C’est très, très triste de voir et regarder ce qui est arrivé dans ce pays », avait ajouté le président américain sur la chaîne Fox News, le 8 janvier.

Donald Trump avait également invité le Mexique à « se ressaisir », après des mois de pression sur les questions de lutte contre le narcotrafic et de balance commerciale. La présidente du Mexique avait tenté de calmer le jeu, assurant que son gouvernement œuvrait à « renforcer la coordination » bilatérale en matière de sécurité.

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Le Monde avec AP et AFP

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