
Le gouvernement afghan « vengera » les centaines de victimes de la frappe pakistanaise contre un hôpital pour toxicomanes à Kaboul, a déclaré, mercredi 18 mars, le ministre de l’intérieur taliban, Sirajuddin Haqqani, lors d’une cérémonie de funérailles.
« Les Afghans vivent des jours difficiles, et nous les vengerons », a déclaré le ministre. A l’attention des forces pakistanaises, il a affirmé : « Nous ne sommes pas faibles, vous verrez les conséquences de vos crimes. » Le Pakistan, en conflit avec l’Afghanistan depuis des mois, a bombardé Kaboul lundi soir, en période de ramadan pour les musulmans, affirmant avoir visé « des cibles militaires et terroristes ».
Une frappe a touché un centre médical traitant des toxicomanes, faisant 408 morts et 265 blessés, selon les autorités afghanes. L’ONG humanitaire Norwegian Refugee Council (NRC) a évoqué, mercredi, des « centaines de morts et de blessés », après s’être rendue sur le site de l’hôpital, confirmant le lourd bilan.
Sur une colline de Kaboul abritant un mémorial pour un homme politique afghan célèbre, une partie des victimes seront enterrées après la cérémonie de funérailles. D’autres seront inhumées dans leur région d’origine, a déclaré à l’Agence France-Presse le porte-parole du ministère de l’intérieur, Abdul Mateen Qani.
Les appels au cessez-le-feu entre les deux pays voisins se sont multipliés depuis la frappe meurtrière contre le centre médical. Le Pakistan accuse son voisin d’accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais, le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur le sol pakistanais, ce que le gouvernement afghan dément.

