Maroc, gare de Salé-Ville. Le tramway en direction de Massira est bondé de travailleurs. Les rames, construites par Alstom, sont bien entretenues ; l’exploitation de la ligne, assurée par Veolia Transdev, est un succès reconnu. Le projet a été financé en partie par l’Agence française de développement. Un service public essentiel pour la population locale et des entreprises françaises au cœur de la réalisation de ce dernier : voilà ce que peut produire l’aide publique au développement française (APD) lorsqu’elle est pensée intelligemment.

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Voilà, surtout, son avenir. Depuis quelques mois, pourtant, l’APD est devenue un objet de critiques : lointaine, abstraite, vaine. Dans un pays inquiet, à juste titre, pour ses retraites, son agriculture ou le pouvoir d’achat, il est tentant de dénoncer ces milliards envoyés « ailleurs ». A en croire ses détracteurs, sa suppression permettrait de réaliser des économies importantes, sans conséquence pour les Français, puisque les bénéficiaires seraient uniquement étrangers.

L’argument a les apparences du bon sens. Il est trompeur : derrière cette logique se cache une vision de l’intérêt national court-termiste, strictement comptable, et possiblement erronée. La première mission de l’aide au développement est de lutter contre la pauvreté. Cette ambition peut paraître désuète, mais elle est essentielle dans le monde de demain. Elle répond à des considérations morales mais aussi à un intérêt clair : accompagner des dynamiques démographiques qui, faute de développement économique, risquent de devenir difficilement maîtrisables.

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D’ici à 2050, près de 1 milliard de personnes supplémentaires vivront sur le continent africain. Le progrès économique de ces pays constitue la seule voie pour éviter des crises migratoires majeures, dont les conséquences se répercuteraient directement sur nos propres équilibres, qu’il s’agisse de nos systèmes sociaux, de notre agriculture ou de notre stabilité économique.

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