Parmi les entreprises françaises, Bull détient un étonnant record : avoir été nationalisée par deux fois. Quarante-quatre ans après le sauvetage organisé, en avril 1982, par le gouvernement Mitterrand, du fabricant d’ordinateurs, qui avait ensuite été privatisé en 1994, l’Agence des participations de l’Etat a finalisé, mardi 31 mars, son rachat auprès du groupe Atos, pour une valeur de 404 millions d’euros.

Les machines Bull d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles du début des années 1980 : « Alice Recoque », ainsi qu’est baptisé le supercalculateur dernier cri que l’entreprise doit livrer en 2027 au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), pourra réaliser 1 milliard de milliards de calculs en une seconde. Mais, dans les deux cas, il s’agit de sanctuariser une activité essentielle à la souveraineté de l’Etat : en 1982, les administrations, EDF ou la Marine nationale sont équipées d’ordinateurs Bull ; en 2026, la dissuasion nucléaire est simulée sur les supercalculateurs Bull du CEA.
Même si 30 % des composants de ces machines sont étrangers, notamment les microprocesseurs achetés aux américains Nvidia et AMD, laisser ce savoir-faire entre les mains du groupe Atos, à la santé financière fragile, faisait planer trop de risques, encore plus dans le contexte géopolitique actuel.
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