- Les autorités de Santé ont partagé le résultat d’analyses réalisées sur les selles d’un nourrisson hospitalisé.
- Pour la première fois, un lien entre la consommation de lait contaminé et la toxine céréulide a été mis en avant.
- Des analyses se poursuivent alors que des rappels de produits ont été lancés dans plus de 60 pays.
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Lactalis, Danone, Nestlé… Les rappels de lait infantile se multiplient
Un lien a été établi pour la première fois. La toxine céréulide, au cœur de la vague actuelle de rappels de laits infantiles, a pour la première fois été identifiée chez un bébé français ayant été hospitalisé après consommation d’un produit impliqué. C’est ce qu’a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué transmis à TF1-LCI, confirmant une information de Radio France. Il « confirme avoir reçu du laboratoire saisi dans le cadre des investigations en cours un premier résultat d’analyse de selles positif à la toxine céréulide »
.
La présence de la toxine céréulide est susceptible d’expliquer les symptômes observés
La présence de la toxine céréulide est susceptible d’expliquer les symptômes observés
Ministère de la Santé
« Ce résultat confirme que l’enfant concerné a été exposé à cette toxine »
, poursuit le ministère, ajoutant que ce bébé suivi par le corps médical « fait effectivement partie des cas précédemment recensés par les autorités sanitaires et intégrés au suivi national »
. Les autorités notent que « la présence de la toxine céréulide est susceptible d’expliquer les symptômes observés »
, tout en insistant sur le fait que « l’analyse de l’imputabilité relève d’une expertise collégiale médicale et scientifique »
. Ladite analyse, nous indique-t-on, « appartient aux experts compétents, notamment aux soignants ayant pris en charge l’enfant ainsi qu’aux spécialistes en toxicologie mobilisés dans le cadre des investigations »
.
Hospitalisé du 6 au 7 février au CHU de Montpellier ce nourrisson âgé de moins d’un mois avait été pris en charge suite à la consommation d’un lait infantile de la marque Gallia Calisma (Danone). Ce dernier faisait partie d’un lot contaminé (nouvelle fenêtre) par la toxine céréulide et faisant l’objet d’un rappel officiel. Selon Radio France, la concentration de toxine découverte dans les selles du bébé dépassait (nouvelle fenêtre) la dose aiguë de référence (0,014 microgramme de céréulide par kilo de masse corporelle), fixée il y a quelques semaines par les autorités sanitaires européennes et françaises.
Trois décès constatés en France
Trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels en France, seul pays européen dans ce cas, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations. Mais aucun lien de cause à effet n’a encore été identifié, les autorités sanitaires françaises ayant d’ores et déjà prévenu qu’il pourrait être difficile d’établir une telle causalité.
Depuis décembre et dans plus de 60 pays, de nombreux fabricants ont procédé au rappel de lots de lait infantile susceptibles d’être contaminés par la céréulide. Grâce à ces rappels, le risque d’exposition à la toxine est désormais jugé « faible »
, ont estimé il y a quelques jours deux agences de l’UE. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) admettaient toutefois que « des cas supplémentaires pourraient encore survenir si des produits rappelés restent dans les foyers au lieu d’être retournés »
.
Chez un nourrisson, la céréulide peut causer des vomissements parfois dangereux. En réaction aux contaminations, l’ONG Foodwatch et plusieurs familles ont, intenté une action en justice contre l’État et les fabricants, accusés d’avoir trop tardé à mener les rappels et informer le public sur le sujet.

