- Une association de défense de la santé des enfants a déposé un recours pour dénoncer « la carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés ».
- Elle réclame le rappel sous 24 heures de l’ensemble des laits infantiles contenant l’huile riche en acide arachidonique (ARA) produite par l’industriel chinois Cabio Biotech.
- Elle plaide aussi pour la « suspension immédiate et administrative des chaînes de fabrication des cinq usines concernées » en France.
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Lait infantile contaminé : Lactalis et la grande distribution face au scandale
L’Etat a-t-il manqué à ses devoirs ? L’Association pour la santé des enfants a déposé lundi 26 janvier un recours devant le tribunal administratif de Paris pour dénoncer « la carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés »
. « Un mois de délai pour commencer à retirer les produits et seulement quand les tests montrent qu’il y a assez de toxines dans les produits finis, ce n’est pas ce que j’appelle appliquer le principe de précaution »
, a déclaré à l’AFP Quentin Guillemain, président de cette organisation créée en 2017 à cause du scandale du lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles.
Ce recours fait suite au rappel de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays au total, dont la France, depuis décembre en raison d’un risque de contamination à la céréulide, une toxine produite par des bactéries et qui viendrait selon les autorités d’un fournisseur d’ingrédient chinois. Plusieurs industriels sont concernés, dont les leaders du secteur Nestlé et Danone, ainsi que Lactalis.
La fermeture de cinq usines en France ?
Dans sa requête en référé-liberté, une procédure d’urgence enregistrée lundi par le tribunal, l’association demande notamment à l’Etat d’ordonner sous 24 heures le rappel de l’ensemble des laits infantiles contenant l’huile riche en acide arachidonique (ARA) produite par l’industriel chinois Cabio Biotech, mis en cause par plusieurs producteurs de laits infantiles, mais aussi la « suspension immédiate et administrative des chaînes de fabrication des cinq usines concernées »
en France, a-t-elle précisé. La requête cite des usines de Lactalis, Danone, Nestlé et Vitagermine. À cette liste pourrait s’ajouter Nutribio, qui a dit lundi à l’AFP procéder à des rappels à l’international.
Sur la base d’études scientifiques, l’association souligne que la bactérie à l’origine de la contamination est très persistante et qu’un nettoyage contrôlé par les autorités doit être effectué dans les usines.
La création d’un site pour des infos transparentes ?
Elle demande aussi des informations transparentes, avec un site dédié et une enquête pénale sur l’ensemble de l’affaire et pas seulement sur les cas de deux nourrissons, à Bordeaux et Angers, décédés après avoir consommé du lait Nestlé qui avait fait l’objet de rappels, sans lien établi à ce stade selon les autorités.
L’association requiert aussi qu’une norme européenne soit établie pour encadrer les contrôles et les limites de céréulide dans les produits à destination des nourrissons.
Le ministère français de l’Agriculture a indiqué lundi à l’AFP que les autorités sanitaires européennes avaient émis de nouvelles recommandations la semaine dernière et conseillaient aux industriels de procéder à des rappels au-delà de 0,03 μg de toxine par kilo de masse corporelle.

