En France, les ministères de l’agriculture et de la santé ont publié un premier communiqué de presse, le 22 janvier, dans lequel ils disent avoir été informés par des industriels du « retrait et rappel volontaires » de certains lots de laits infantiles. Ils assurent avoir mis en œuvre un « suivi renforcé de la situation » et insisté sur le fait qu’« à ce stade, il n’[avait] pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons ». Le lendemain, la direction générale de la santé (DGS) a diffusé une notice destinée aux professionnels de santé.

Le 2 février, le ministère de la santé a fait état d’« environ 40 signalements » émis par les agences régionales de santé, « dont 11 hospitalisations recensées entre le 7 et le 31 janvier ». Sur ces 11 hospitalisations, cinq impliquent des nourrissons ayant consommé du lait concerné par une procédure de rappel, sans qu’un lien avec une éventuelle toxine ait, à ce stade, été démontré. Le centre de crise du ministère précise que tous les enfants ont quitté l’hôpital.

Au niveau européen, jusqu’à présent, le céréulide ne faisait l’objet d’aucune réglementation ni recherche systématique. Cependant, à la suite des nombreux rappels de lots et de la saisie de la Commission européenne, l’autorité sanitaire européenne (EFSA) a établi, le 2 février, une « dose de référence aiguë » chez les nourrissons – la quantité maximale pouvant être ingérée sans danger en une seule journée par un enfant âgé de moins de 16 semaines – à 0,014 μg/kg. Cette proposition est alignée sur celle formulée, quelques jours plus tôt, par le ministère de l’agriculture, qui a réduit son seuil de 0,03 μg/kg à 0,014 μg/kg.

En réponse aux critiques sur la gestion des autorités, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a qualifié, le 28 janvier, de « gravissimes » les « mises en cause des industriels et de l’Etat », et soutenu que les procédures de rappel avaient été enclenchées « entreprise par entreprise, dès lors que cette toxine était présente » et que la supervision de l’Etat avait été conduite « très sérieusement ».

 

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