L’hémicycle du Conseil de la nation, la Chambre haute du Parlement algérien, à Alger, le 28 décembre 2020.

Ajustement, rétropédalage, volonté d’apaisement ? Si les motivations profondes du vote du Conseil de la nation sur la loi criminalisant la colonisation française, jeudi 22 janvier, sont difficiles à cerner, le geste n’en demeure pas moins significatif. La Chambre haute du Parlement algérien a adopté, à l’unanimité, des « réserves » sur 13 des 27 articles de la proposition de loi entérinée le 24 décembre par l’Assemblée populaire nationale.

Parmi les points visés figurent les deux articles les plus polémiques de ce projet législatif : l’article 9, exigeant des excuses de l’Etat français pour les « crimes » commis pendant la période coloniale, et l’article 10, envisageant des réparations et une « compensation globale et équitable pour tous les dommages matériels et moraux engendrés par le colonialisme français ».

Le vote, organisé la veille de Noël, avait donné lieu à une mise en scène ostensible : les députés s’étaient drapés dans des écharpes aux couleurs du pays puis avaient entonné l’hymne national avant l’ouverture du scrutin. De l’autre côté de la Méditerranée, le Quai d’Orsay avait pris acte d’une « initiative manifestement hostile, à la fois à la volonté de reprise du dialogue franco-algérien, et à un travail serein sur les enjeux mémoriels », sans pour autant renoncer à l’espoir d’une « reprise d’un dialogue exigeant avec l’Algérie ».

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