
Timidement, l’Allemagne sort de la récession. En 2025, la première économie européenne a dégagé une croissance de 0,2 %, et de 0,3 % après correction des variations saisonnières, a annoncé l’Office fédéral de la statistique (Destatis), jeudi 15 janvier. C’est le premier signe de rebond après deux années de croissance négative, dans un contexte de léthargie économique exceptionnellement longue : le produit intérieur brut allemand a fait du surplace depuis 2019, du jamais-vu dans l’histoire du pays. Le rythme de croissance devrait cependant s’accélérer en 2026, estiment les économistes, quand les effets des investissements massifs dans les infrastructures et l’armement commenceront à se faire sentir sur l’économie.
En attendant, le moteur traditionnel du « made in Germany », l’industrie exportatrice, est durablement en panne. « Les exportations ont de nouveau baissé (− 0,3 %), pour la troisième année de suite », a déploré Ruth Brand, la présidente de Destatis, en relevant que le commerce extérieur était exposé à « de violents vents contraires en raison des droits de douane américains, de l’appréciation de l’euro et de la forte concurrence chinoise ». Destatis a détaillé combien la Chine était devenue un puissant rival de l’Allemagne, non seulement en Chine, mais aussi dans les pays tiers et jusque sur son marché domestique. L’année 2025 a, en effet, consacré le retournement du rapport de force entre les deux puissances industrielles : les exportations allemandes vers la Chine ont décliné de 11,9 %, tandis que les importations de produits chinois ont bondi de 8 %. Dans le même temps, les exportations vers les Etats-Unis ont baissé de 7,8 %.
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