Samedi 3 janvier, 2 heures du matin. Dans la nuit de Caracas, couverts par le feu d’avions de chasse et de bombardiers, les hélicoptères des forces spéciales américaines se posent sur le complexe militaire du fort Tiuna. Les unités d’élite américaines y enlèvent le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse, Cilia Flores, transférés aussitôt vers les Etats-Unis sur un navire de l’US Navy, puis dans une prison de New York.

Le département américain de la justice justifie l’opération au nom de la lutte contre le « narcoterrorisme », mais Washington assume aussi d’autres motivations : selon la chaîne ABC, Donald Trump a demandé à Delcy Rodriguez, devenue dirigeante par intérim du Venezuela, de rompre les liens avec plusieurs pays, dont la Chine, vers laquelle partaient jusqu’alors 75 % du pétrole produit par ce pays doté des plus vastes réserves de la planète, confisquées par Washington depuis l’attaque. Illustration de cette amitié diplomatique : l’envoyé spécial chinois pour l’Amérique latine, Qiu Xiaoqi, était en visite auprès de Nicolas Maduro quelques heures seulement avant l’assaut américain.

L’ambition des Etats-Unis de lutter contre la montée de l’influence chinoise dans la région était déjà explicitée un mois plus tôt, lorsque l’administration Trump a publié, le 5 décembre 2025, sa nouvelle stratégie de sécurité nationale. « Les concurrents non hémisphériques [extérieurs à l’ensemble du continent américain] ont réalisé des percées majeures dans notre hémisphère, à la fois à notre désavantage économiquement et de manière qui pourrait nous porter atteinte stratégiquement à l’avenir, y est-il écrit. Laisser advenir ces incursions sans réellement les repousser est une autre des graves erreurs stratégiques américaines des récentes décennies. »

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