
Il suffisait de quelques mots pour refermer un dossier long de 70 tomes, éteindre un scandale qui a déjà inspiré plusieurs livres et un long-métrage de fiction. Catherine Bonnici, présidente du tribunal correctionnel de Bordeaux, avait le pouvoir de donner un épilogue à l’« affaire François Thierry », en suivant la relaxe requise par le parquet pour l’ancien chef des « stups », qui se tient devant elle à la barre, stoïque, ce mardi 31 mars, au soir de son jugement.
Les murs rouge sang de la petite salle H de la cour d’appel de Bordeaux et le tableau d’un Christ en croix surplombant la présidente n’invitaient guère à l’apaisement. Ce n’est pas un dénouement qu’a formulé la magistrate, mais bien un nouveau revirement dans cette affaire déjà si sulfureuse : au terme d’un argumentaire aussi ramassé qu’impitoyable, elle a condamné l’ex- « grand flic » à un an de prison avec sursis pour « complicité de trafic de stupéfiants » et « destruction de preuves ».
KO debout, l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a écouté une nouvelle fois l’histoire qui a entraîné sa déchéance : celle d’un commissaire charismatique mené en bateau par son informateur favori, jusqu’à faciliter, selon le tribunal, le trafic de plusieurs tonnes de résine de cannabis en France, au fil d’une « livraison surveillée » devenue hors de contrôle.
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