• L’ambassadeur américain en France a été convoqué lundi par le Quai d’Orsay, après avoir émis de vives critiques sur la lutte contre l’antisémitisme dans une lettre.
  • Invité sur LCI ce jeudi, il a maintenu ses propos, estimant que le gouvernement « n’agit pas » suffisamment contre ce fléau.
  • Se défendant de toute « ingérence », il affirme avoir seulement cherché à proposer son aide pour « régler ce problème ».

Quelques jours à peine après la vive passe d’armes, l’ambassadeur américain à Paris continue de défendre sa ligne. Invité sur LCI ce jeudi 28 août, Charles Kushner a affirmé que « l’antisémitisme en France est terrible », dans la droite ligne de ses critiques contre le gouvernement français, à qui il a récemment reproché une « absence d’action suffisante » contre ce fléau (nouvelle fenêtre). Le diplomate s’est toutefois défendu de toute « ingérence », assurant avoir du « respect » pour le président Emmanuel Macron. 

L’ambassadeur américain a déclenché la colère de l’exécutif après avoir adressé au chef de l’État une lettre dans laquelle il critique vivement la lutte de ce dernier contre l’antisémitisme. Des propos jugés « inacceptables » pour le Quai d’Orsay, qui l’a convoqué lundi. Car la question est sensible : les actes antisémites ont bondi en France (nouvelle fenêtre) depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. La missive de Charles Kushner s’inscrit d’ailleurs dans le sillage d’une autre lettre, celle du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, allié de Washington, qui a formulé des critiques similaires (nouvelle fenêtre) à l’encontre de Paris. 

« Pas mon boulot de faire de l’ingérence », assure l’ambassadeur

Dans cet entretien sur LCI, Charles Kushner maintient sans hésitation ses propos. « L’antisémitisme en France est terrible », a assuré le diplomate, lui-même issu d’une famille juive polonaise qui a émigré aux États-Unis, et dont plusieurs membres ont été tués durant la Shoah. « La haine est terrible, j’ai déjà vu cela dans l’histoire de ma famille (nouvelle fenêtre)« , a-t-il appuyé, interrogé à l’ambassade américaine à Paris. Il a affirmé notamment que la « communauté » juive en France « a le sentiment que (les dirigeants) n’en font pas assez pour la protéger »

Pour autant, il s’est défendu de toute « ingérence », tandis que le Quai d’Orsay a estimé que ses déclarations violaient le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État. « Ce n’est pas mon boulot de faire de l’ingérence dans la politique française », « je ne veux pas faire d’ingérence », a répliqué Charles Kushner. « En même temps, il est très difficile pour moi de voir ce qu’il se passe en France et de ne pas commenter », a ajouté le père du gendre de Donald Trump, Jared Kushner.  

Le but de sa lettre n’était pas de « contrarier » le gouvernement, mais il s’agissait d’« un appel à l’action, un acte pour être constructif », a-t-il défendu. « J’ai voulu dire que je pouvais peut-être aider à régler ce problème, auquel les Américains et les Français sont confrontés », a-t-il encore plaidé. Tout en signalant une « énorme différence » selon lui entre les deux pays : « Nous avons un président (Donald Trump, ndlr) qui reconnaît le problème et qui a agi fermement sur ces questions », a assuré l’ambassadeur.

« Pas de manque de respect » dans son absence à la convocation

Pour lui, « les dirigeants du gouvernement français peuvent faire beaucoup plus que simplement condamner ces actes ». D’autant qu’au sein de la population américaine, certains « se demandent s’ils devraient faire des affaires en France », a-t-il assuré, estimant que « la France se tire vraiment une balle dans le pied quand elle n’agit pas sur ces questions »

Charles Kushner est également revenu sur sa convocation au Quai d’Orsay lundi, qu’il n’a pas honorée personnellement (nouvelle fenêtre), envoyant à sa place le chargé d’affaires de l’ambassade américaine. Un choix qu’il a assumé, n’y voyant « pas de manque de respect » de sa part. « Je n’étais pas présent, voilà pourquoi je n’ai pas pu m’y rendre », a-t-il évacué, sans plus de détails. « Ce n’est pas mon intention de me moquer du gouvernement français », a-t-il ajouté, assurant avoir du « respect pour le président Macron »

L’ambassadeur a aussi laissé entendre qu’il assumait de prendre à rebours les cadres diplomatiques classiques. « Si le président Trump souhaitait sélectionner le meilleur diplomate pour venir en France, il n’a pas fait le bon choix, je ne suis pas le meilleur. Et je ne pense pas qu’il soit le plus grand diplomate non plus. Voilà pourquoi c’est l’un des plus grands présidents des États-Unis », a-t-il lancé. « Il ne comprend pas les protocoles, moi non plus. »

M.L.

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