• Alors que le prix du pétrole flambe en pleine guerre au Moyen-Orient, les vols de carburant se multiplient.
  • Les voleurs n’hésitent pas à siphonner des réservoirs en pleine nuit sur des parkings, dans des entreprises ou même chez des particuliers.
  • Les policiers et gendarmes sont sur le terrain pour prévenir ces vols, comme l’a constaté le 20H de TF1.

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Un mois de guerre au Moyen-Orient

Face au prix qui s’envole à la pompe, les Français cherchent tous des solutions, et certains basculent même dans l’illégalité. Comme lors de chaque flambée des cours, les vols de carburant semblent se multiplier un peu partout en France. Les camions et leurs réservoirs de plusieurs centaines de litres sont les cibles privilégiées des délinquants, qui revendent ensuite leurs butins sur les réseaux sociaux ou par le bouche-à-oreille. Mais les engins agricoles ne sont pas épargnés non plus. 

En témoigne l’exemple de Christian Pelard, éleveur en Vendée depuis quarante ans, qui ne s’était jamais jusque-là fait dérober de carburant. « Il faut quand même venir s’introduire dans une propriété privée », s’étonne, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, celui qui s’est fait voler dans la nuit de dimanche 29 à lundi 30 mars sur deux de ses tracteurs. « Il y avait des petites traces qui m’ont intrigué », explique l’agriculteur. Pour le vérifier, il met le contact, et la jauge apparaît. « Pour moi il était plein, il fait 300 litres, là il reste peut-être une centaine de litres », poursuit l’éleveur qui n’a plus le choix. « On va mettre le site sous surveillance et puis on ferme les barrières. » Au total, 350 litres ont été siphonnés. 

Un service de gestion des déchets victime de plusieurs vols

À Bourgoin-Jallieu (Isère), le service de gestion des déchets a lui aussi été victime de plusieurs vols ces dernières semaines. C’est sur le camion de Jean-Charles, l’un des chauffeurs, que la première effraction a été constatée. « Le plein avait été fait la veille, donc on s’est bien douté qu’il y avait eu un problème. Donc on est descendus, on est venus voir, le bouchon avait été cassé. Donc ils avaient pris à peu près 200 litres de diesel », témoigne ce dernier dans la vidéo ci-dessous.

En pleine nuit, quatre camions ont été siphonnés. Christophe, le responsable du site, a vite trouvé par où les voleurs étaient passés. « Ils avaient carrément tordu les brins du grillage. Donc il y avait un grand carré. Et donc là, on passe relativement facilement. » La vidéosurveillance n’a pas dissuadé les voleurs. « On arrive à les distinguer par les caméras d’ici. Ils passent entre les camions, ils traversent la cour. Un monsieur qui est avec deux bidons, il va vers les camions jaunes. Au bout de, peut-être, vingt minutes ou un quart d’heure, on le voit revenir avec les deux bidons. Donc il les passe à un collègue qui est à l’extérieur. Le collègue les charge dans la voiture, il en redonne deux autres vides. Les allées et venues doivent durer à peu près 1 heure 30 », décrit Christophe. « On nous a volé entre 500 et 700 litres. »

Flambée du prix des carburants : les vols d’essence se multiplientSource : TF1 Info

Pour ce service municipal, le préjudice s’élève à 1.600 euros. « C’est ça qui nous fait un peu rager : on est service public, quand on nous vole du gasoil, on vole les gens », lance celui qui depuis, avec ses équipes, a pris des mesures pour limiter les risques. Les chauffeurs ne doivent plus, notamment, remplir leur réservoir en fin de tournée afin de le laisser aussi vide que possible pour la nuit. Dans cette affaire, les voleurs de Bourgoin-Jallieu ont été interpellés le 16 mars en flagrant délit dans une entreprise située juste à côté. Âgés de 19 et 22 ans, jusqu’alors inconnus de la justice. Ils ont reconnu six vols et doivent être jugés prochainement. Ils risquent trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

En plus des agriculteurs et des collectivités, les particuliers sont aussi visés. C’est le cas de Stéphanie, que nous avions rencontrée début mars. « Un mardi matin je me suis levée pour prendre mon véhicule et j’ai constaté qu’il n’y avait plus d’essence dedans et une grosse mare de diesel qui était à côté de mon véhicule », raconte la jeune femme.

La plupart des vols de carburant se déroulent la nuit

Pour alerter, les gendarmes patrouillent, donnent des conseils, et inspectent les exploitations pour y déceler la moindre faille. « Je pourrais lui conseiller de rentrer les tracteurs tous les soirs dans le bâtiment agricole, de fermer ce bâtiment pour ne pas que, si réellement une personne vient ici, elle ait une vue directement sur les tracteurs et qu’elle soit tentée », illustre le chef Sébastien, de la communauté de brigades de la Roche-sur-Yon (Vendée). Dès qu’un vol est signalé, les gendarmes l’indiquent sur une messagerie. « Tout le monde est au courant qu’il y a du vol de diesel. Donc les gens se disent tout de suite ‘faut peut-être qu’on fasse attention, faut qu’on surveille un petit peu plus ce qui se passe' », explique un éleveur, rassuré par le dispositif.

Les gendarmes sensibilisent aussi les sociétés de transport et mobilisent leurs réservistes pour faire face à ces vols. La plupart de ce type de vol de carburant se passe la nuit. « Donc nous sommes obligés de nous réorienter, de renforcer ces dispositifs de contrôle nocturne », explique le lieutenant-colonel Emmanuel Weber, commandant en second du groupement de gendarmerie départemental de Vendée. La semaine dernière, au moins quatre vols de carburant ont été recensés dans ce département.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Jules BEAUCAMP, Renan HELLEC et Pierre DEMOLON

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