Ses souvenirs sont intacts. Charlotte Lefebvre raconte ce matin du 30 janvier 2018 comme si c’était hier. Des heures de douleurs dans le dos, son arrivée aux urgences de l’hôpital de Maubeuge (Nord), accompagnée de sa mère, une suspicion de crise de colique néphrétique, une échographie des reins. Et le diagnostic qui tombe. En fait de douleurs, il s’agit de contractions. La jeune femme, âgée de 28 ans, est non seulement enceinte, mais elle est en train d’accoucher. Le choc est violent. Dans la soirée, elle donne naissance à un petit Martin de 49 centimètres et 3 kilos.

Charlotte Lefebvre a fait ce que l’on appelle un « déni de grossesse », un trouble de la gestation psychique. « La définition est simple : c’est une grossesse qui évolue à l’insu de la femme, elle ne se sait pas enceinte. Or, s’il n’y a pas de grossesse psychique, il ne peut y avoir de grossesse physique », explique Israël Nisand, gynécologue obstétricien, grand spécialiste du sujet et auteur, avec la psychanalyste Sophie Marinopoulos, de l’ouvrage Elles accouchent et ne sont pas enceintes (Les Liens qui libèrent, 2011).

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