C’est le cœur de la stratégie iranienne dans sa guerre contre les Etats-Unis et Israël : le blocage du détroit d’Ormuz, ce passage maritime qui relie les pays pétroliers du golfe Persique à l’océan Indien et donc à leurs principaux marchés asiatiques. A son point le plus resserré, le goulet ne mesure que 29 milles marins de large (54 kilomètres) entre les côtes de l’Iran et du sultanat d’Oman. Et les deux couloirs de navigations empruntés par les pétroliers sont encore plus étroits (environ 3,7 kilomètres chacun).
En multipliant les attaques de navires dans la zone, Téhéran ferme de facto cette artère où transitent traditionnellement 20 % à 25 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) produits mondialement. Avec un objectif : faire bondir les prix de l’essence et imposer un coût économique intolérable au président américain, Donald Trump. Le blocage du détroit a déjà forcé les puissances pétrolières du Golfe à réduire leur production et fait bondir les cours de l’or noir. Ceux-ci atteignaient 92 dollars (79,50 euros) pour un baril de brent mercredi 11 mars, à 17h, après être montés jusqu’à 120 dollars lundi 9 mars.
Les réflexions s’activent dans les capitales mondiales pour trouver le moyen de stabiliser les marchés et pallier le risque de rupture dans les approvisionnements. L’un des instruments devrait être le déblocage des réserves stratégiques de brut de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a été acté, mercredi 11 mars, les 32 pays membres de l’AIE ayant décidé à l’unanimité de libérer sur les marchés 400 millions de barils de pétrole provenant de ces stocks.
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