« Le Lion, ayant faim, se jette sur l’antilope » (1898-1905), d’Henri Rousseau.

Henri Rousseau, dit « le Douanier Rousseau », né à Laval (Mayenne), en 1844, mort à Paris, en 1910 : il y a plus d’un siècle que sa célébrité est générale. Elle a d’abord été suscitée par l’admiration que lui ont manifestée, de son vivant, Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso ou Robert Delaunay. Puis, après sa mort, d’une part de grands collectionneurs, d’autre part des poètes de dada et du surréalisme, dont Tristan Tzara et André Breton. Quelques-unes de ses toiles appartiennent à la mémoire collective, et La Guerre (1894) n’a pas été moins souvent reproduite que le Guernica (1937), de Picasso, qui en est la version moderne.

Il n’en est que plus remarquable que l’exposition du Musée de l’Orangerie, à Paris, le fasse regarder autrement que d’habitude. C’est un hommage, évidemment, mais réfléchi et organisé à partir d’une idée, que suggère le sous-titre « L’ambition de la peinture ». Il s’agit de montrer, dans le détail de sa pratique et dans ses attitudes, que Rousseau était animé par une haute conception de son art ; qu’autrement dit il n’était en rien ce « naïf », ce « primitif » ou ce « peintre du dimanche » auquel il a été souvent réduit avec une sympathie condescendante. Son œuvre est soutenue par une culture historique formée au Louvre et par un effort continu pour fixer un style personnel, ce qui supposait aussi de se donner les moyens matériels de cette ambition.

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