- L’émissaire américain au Groenland a déclaré mercredi que les États-Unis devaient renforcer leur présence sur ce territoire autonome danois.
- Depuis plusieurs mois, Donald Trump affirme que les États-Unis doivent contrôler le territoire pour des raisons de sécurité nationale.
« Le Groenland a besoin des États-Unis
« . Après cinq mois de répit, l’île arctique est une nouvelle fois dans le viseur de Washington : un émissaire envoyé par Donald Trump s’est rendu sur place, déclarant que les États-Unis devaient renforcer leur présence sur ce territoire autonome danois.
« Je pense qu’il est temps que les États-Unis remettent leur empreinte sur le Groenland
« , a prévenu Jeff Landry. L’émissaire a entamé dimanche un séjour sur l’île, le premier depuis sa nomination en décembre 2025. Sa visite suscite une polémique : celui qui est également le gouverneur républicain de la Louisiane n’avait pas été officiellement invité.
Des discussions « constructives »
Jens-Frederik Nielsen s’est ouvertement agacé de ce séjour express. Même si le désir du « maître
» de « sécuriser le contrôle du Groenland (…) est totalement irrespectueux, (…) nous sommes obligés de trouver une solution
« , a lancé mardi, en faisant allusion à Donald Trump, le Premier ministre groenlandais. Celui-ci a rencontré lundi l’émissaire américain, qui a aussi vu le ministre des Affaires étrangères du Groenland, Mute Egede. Frederik Nielsen a déclaré que les discussions avaient été « constructives
« , mais a souligné qu’il n’y avait « aucun signe (…) que quoi que ce soit ait changé
» dans la position des États-Unis. En clair : la Maison Blanche lorgne encore et toujours sur ce vaste territoire.
L’armée américaine ne dispose actuellement que d’une base au Groenland, celle de Pituffik, dans le nord, contre 17 installations militaires au plus fort de la Guerre froide. Donald Trump a soutenu à plusieurs reprises que les États-Unis devaient contrôler le Groenland pour des raisons de sécurité nationale, affirmant que, sinon, la zone risquait de tomber entre les mains de la Chine ou de la Russie. Le Groenland se trouve en effet sur l’itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis pour les missiles. Il recèle des gisements inexploités de terres rares et pourrait jouer un rôle essentiel à mesure que la glace polaire fond et que de nouvelles voies maritimes apparaissent. Washington veut ouvrir trois nouvelles bases dans le sud de cette île, selon la presse américaine.
Dans un entretien publié mercredi par le quotidien groenlandais Sermitsiaq
, Jeff Landry a tenté de raviver les espoirs d’indépendance de ce territoire. Si les sondages montrent que la majorité des Groenlandais sont favorables à l’indépendance à l’avenir vis-à-vis du Danemark, leur gouvernement n’a pas de projet immédiat en ce sens, car de nombreuses questions restent en suspens, notamment concernant l’économie de cette île, fortement dépendante du Danemark.

