• La cour d’assises du Gard a condamné mercredi Mahfoud Hansali à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Sihem, tuée en janvier 2023 près d’Alès.
  • Trois jours d’audience n’ont en revanche pas permis d’établir avec certitude le mobile du crime.
  • Le condamné ne fera pas appel, « pour ne pas infliger de douleur supplémentaire à la famille », annonce son avocat.

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Portée disparue, Sihem, 18 ans, retrouvée morte dans le Gard

Deux heures de délibération auront suffi. Mercredi, la cour d’assises du Gard a condamné Mahfoud Hansali à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Sihem, lycéenne de 18 ans, dont le corps a été retrouvé au bord d’un chemin isolé des Salles-du-Gardon, dans le Gard, le 2 février 2023, et ce, une semaine après sa disparition. Le corps de la jeune femme était alors à moitié dénudé.

L’homme, âgé de 42 ans (nouvelle fenêtre) et au lourd passé judiciaire, était l’ex-compagnon de la cousine de Sihem. C’est d’ailleurs la famille de la victime qui avait mené sa propre enquête après la disparition de la lycéenne, allant jusqu’à l’interroger, fouiller son appartement et visiter les hôtels de Nîmes pour la retrouver. Placé en garde-à-vue, Mahfoud Hansali avait fini par avouer (nouvelle fenêtre) avoir « tué la jeune fille dans le cadre d’une dispute liée à leur relation amoureuse », que Sihem aurait selon lui menacé de révéler. Il avait également indiqué aux enquêteurs où se trouvait le corps.

Un mobile qui reste flou

Reste que les trois jours d’audience n’ont pas suffi à établir avec certitude pourquoi Sihem a été tuée (nouvelle fenêtre). « Deux thèses s’opposent : une espèce de plan, une arnaque où on voulait faire jouer un rôle à Sihem, qui aurait mal tourné. La seconde hypothèse, c’est une histoire sentimentale dont il n’aurait pas supporté qu’elle aille trop loin. Aucun élément ne permet de les départager », a résumé l’avocat général Stéphane Bertrand dans son réquisitoire. Ce dernier a tout de même avancé sa « petite idée » : « Pour moi, il a saisi la première occasion pour l’agresser sexuellement, elle a refusé, il a cogné, puis il l’a tuée. C’est pour ça qu’on la retrouve à moitié nue en forêt. » Une thèse fermement rejetée par la défense, qui l’a qualifiée de « n’importe quoi ».

Sur les circonstances exactes de la mort en revanche, les expertises ont tranché une partie du débat : « Bien qu’il dise l’avoir étouffée, il l’a étranglée, comme l’affirment de manière certaine les rapports d’expertise », a souligné l’avocat général.

Tête basse tout au long de l’audience, Mahfoud Hansali a pris la parole une dernière fois pour indiquer n’avoir rien à ajouter pour sa défense, « en dehors de ses sincères excuses ». Son avocat a annoncé de son côté après le verdict qu’il ne ferait pas appel, « pour ne pas infliger de douleur supplémentaire à la famille », alors que le jury n’a pas retenu la période de sûreté de 22 ans pourtant requise par l’avocat général.

Aymen Amiri avec AFP

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