Depuis le 30 octobre 2025, date de l’adoption du projet de loi constitutionnelle de réforme de la justice du gouvernement de Giorgia Meloni, l’Italie était entrée dans une période de crispations politiques et de tensions institutionnelles majeures.
Adopté sans atteindre la majorité qualifiée des deux tiers dans les deux chambres, ce texte devait, selon la Constitution italienne, être soumis à un référendum « confirmatif », qui a eu lieu les 22 et 23 mars. La victoire du non fragilise aujourd’hui une présidente du conseil qui se distinguait jusque-là de ses prédécesseurs par la stabilité de son gouvernement et la solidité de sa majorité.
Les opposants à la réforme n’ont cessé de dénoncer un projet jugé punitif, porté par une rhétorique agressive à l’endroit des magistrats, qui étaient présentés comme un frein à la volonté populaire. A leurs yeux, l’ambition du gouvernement de Giorgia Meloni était de remettre radicalement en cause les équilibres constitutionnels de 1948 et de briser l’indépendance de la magistrature. En s’attaquant à la moitié du dispositif constitutionnel régissant le pouvoir judiciaire depuis l’après-guerre, la réforme ciblait en effet toute la structure des rapports entre la magistrature et le pouvoir politique.
Le recours au référendum semble avoir été délibérément recherché par le gouvernement, qui comptait capitaliser sur la popularité attribuée à Giorgia Meloni. La majorité gouvernementale a sciemment pris le risque de faire de ce scrutin un plébiscite qu’elle pensait d’autant plus facile à gagner qu’il ne nécessitait pas de réunir un quorum. Ce calcul s’est cependant retourné contre ses auteurs : la volonté du gouvernement de faire de ce scrutin un triomphe personnel amplifie aujourd’hui la portée de sa défaite.
« Système mafieux »
La fin de campagne a d’ailleurs révélé la fébrilité du camp gouvernemental. Un parlementaire de Fratelli d’Italia a appelé à recueillir des votes « avec des arguments », mais aussi via « le système clientéliste habituel ». La vice-ministre de la justice, Giusi Bartolozzi, a invité à « se débarrasser de la magistrature », décrite comme un « peloton d’exécution ».
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