- Les États-Unis ont décidé de quitter l’OMS et réduire le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants.
- Un choix « dramatique », alerte le professeur Jean-François Delfraissy.
- Celui-ci s’inscrit dans une « défiance vaccinale » portée par le ministre américain de la Santé.
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C’est une campagne anti-vaccin menée par un ministre de la Santé himself
. Après avoir supprimé six vaccins recommandés pour les enfants, les États-Unis ont officiellement quitté l’Organisation mondiale de la Santé (nouvelle fenêtre). Tout ça en moins d’un mois. De quoi pousser Jean-François Delfraissy à décrire un « signal américain de défiance antivaccinale »
. Dans un entretien publié dans La Tribune Dimanche
ce 25 janvier, le président du Comité national d’éthique alerte sur ce phénomène « dramatique »
.
Des effets « redoutables » sur le long terme
Il faut dire que depuis un an, le nouveau ministre de la Santé alimente avec ferveur le discours anti-vaccin. Relayant la théorie infondée (nouvelle fenêtre) selon laquelle du glyphosate serait présent dans les vaccins, Robert Kennedy Jr assume écouter le « témoignage »
des parents au lieu de l’expertise scientifique. Une position peu étonnante, quand on sait que cette figure du mouvement anti-vax est l’un des principaux auteurs des fausses informations durant le Covid-19 (nouvelle fenêtre). Il avait notamment prétendu qu’un lien existait entre le vaccin contre le coronavirus et la 5G.
Une offensive politique contre la science dont les effets « seront redoutables »
selon Jean-François Delfraissy. D’abord pour les États-Unis, « seul pays riche où l’espérance de vie décline »
, relève le spécialiste en immunologie. Cette mesure « va affecter la santé des nombreux enfants déjà en précarité, ceux notamment issus de l’immigration et des communautés afro-américaines, hispaniques »
.
Mais aussi pour le reste du monde. Jean-François Delfraissy rappelle qu‘ »aucune maladie contagieuse n’est stoppée aux frontières ».
Des répercussions risquent, selon lui, d’affecter notamment les pays les plus défavorisés et un monde où « depuis quelques années, la mortelle rougeole connaît une résurgence particulièrement préoccupante, alors que le vaccin protège à 99% et à vie ».
« Au-delà – et c’est peut-être le plus inquiétant – contester l’efficacité des vaccins signifie défier la science. Nous sommes face à un gouffre, au fond duquel c’est toute la philosophie, la stratégie, la politique de la prévention qui sont remises en question »
, s’alarme le Pr Delfraissy. Interrogé sur la discrétion de la réaction des autorités françaises, ministère de la Santé en tête, le président du comité d’éthique reconnaît s’en « étonner ». « Ce n’est pas un bon signe à l’égard de notre stratégie vaccinale et de prévention ».

