Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, lors d’une conférence de presse pendant la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’instance, à New York, le 24 septembre 2025.

« Au lieu de vouloir réparer l’ONU (…) que se passe-t-il ? Le président Trump propose de créer une nouvelle ONU dont il serait le seul maître » a accusé le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, vendredi 23 janvier, lors d’un événement du Mouvement des sans-terre à Salvador de Bahia, dans le nord-est du pays.

Déplorant que « la Charte de l’ONU soit en train d’être déchirée », M. Lula a déclaré avoir passé « une semaine à téléphoner à tous les pays du monde » pour tenter de « trouver une manière de se réunir » et de défendre le système multilatéral et défendre les Nations unies face à ce qu’il a décrit comme l’avancée de l’« unilatéralisme » et la « loi du plus fort ». La veille, il s’était entretenu au téléphone avec le président chinois, Xi Jinping, qui a dit sa volonté de défendre « le rôle central » de l’ONU, sans mentionner le « conseil de paix » créé à l’initiative de Donald Trump.

Le président brésilien a précisé avoir parlé notamment avec le président russe, Vladimir Poutine, le premier ministre indien, Narendra Modi, et la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum. Il a également critiqué le projet de reconstruction de Gaza lancé par l’administration Trump après l’offensive israélienne. « Ils ont détruit, tué plus de 70 000 personnes pour dire que maintenant on va reconstruire Gaza et y faire des hôtels de luxe », a-t-il fustigé.

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Un substitut des Nations unies

Le président américain qui avait envoyé des invitations à de nombreux dirigeants mondiaux pour rejoindre son « conseil de paix » − dont à Lula qui n’a pas répondu − a lancé formellement sa nouvelle instance, jeudi, à Davos (Suisse). « Une fois que ce conseil sera complètement formé, nous pourrons ​faire à peu près tout ce que nous voulons », a déclaré le président américain à l’occasion du Forum économique mondial.

La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont refusé de faire partie des signataires, tout comme l’Espagne. « Nous avons de sérieux doutes quant à un certain nombre d’éléments de la charte du Conseil de paix concernant son champ d’action, sa gouvernance et sa compatibilité avec la Charte des Nations unies », a déclaré de son côté, tôt vendredi, le président du Conseil européen, Antonio Costa, à l’issue d’un sommet des Vingt-Sept à Bruxelles.

La Maison Blanche avait annoncé un « cconseil de paix » présidé par Donald Trump dans le cadre du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza. Mais le projet de « charte » révèle une initiative et un mandat bien plus vaste, avec l’ambition d’en faire un véritable substitut des Nations unies.

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Le Monde avec AFP

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