• Le gouvernement compte présenter une loi-cadre sur le financement des transports en commun.
  • Les prix des billets pourraient ainsi être automatiquement indexés sur l’inflation.
  • Au point de connaître une flambée ?

Monter dans un métro, un tramway ou un TER vous coûtera-t-il bientôt (beaucoup) plus cher ? C’est la crainte de nombreux utilisateurs. Le gouvernement dispose sur sa table d’un projet de loi-cadre sur les transports, chargé de fixer le fonctionnement du financement des transports en commun dans toute l’Hexagone. Et celui-ci prévoit… d’indexer le prix à payer pour les usagers sur l’inflation.

Actuellement, la loi prévoit déjà que les collectivités puissent indexer le tarif des tickets sur la hausse généralisée des prix. Mais ce texte inverserait la façon de faire : les prix seraient automatiquement liés à l’inflation, et les collectivités pourraient refuser la hausse. Ce qui, de fait, imputerait la responsabilité d’une augmentation des prix à la loi, et non au choix direct des collectivités locales.

« Une hausse quasi garantie des tarifs »

Toutefois, le gouvernement se défend de vouloir doubler le prix des transports en commun, comme l’indique RMC (nouvelle fenêtre). « En France, les pouvoirs publics subventionnent en moyenne trois quarts du prix du billet », a rétorqué le ministre des Transports, Philippe Tabarot, sur X. « L’usager n’en paie qu’un quart, soit une des parts les plus faibles d’Europe. L’objectif de la mesure, c’est de garder cette part stable, en l’indexant sur l’évolution des prix, comme c’est le cas pour de nombreux services, pour continuer aux côtés des pouvoirs publics et des entreprises de financer l’investissement dans nos transports en commun. »

Avant lui, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le ministre de l’Économie Roland Lescure avaient également démenti tout « plan caché » pour « doubler » les tarifs. Reste que l’article 11 de cette loi-cadre, qui indexe les prix sur l’inflation, n’est pas du goût de tout le monde. L’UFC-Que Choisir (nouvelle fenêtre) en a ainsi conclu que « cela signifie une hausse quasi garantie des tarifs, année après année ». « Aujourd’hui, les autorités organisatrices de la mobilité, c’est-à-dire les collectivités locales, décident de l’évolution des tarifs en fonction du contexte local. Cette possibilité d’arbitrage est essentielle », affirme l’association de consommateurs. « Supprimer cette liberté de décision au profit d’une hausse automatique paraît profondément injuste pour les usagers. »

Une telle mesure, si elle entrait en vigueur, serait similaire à l’accord signé en 2023 entre l’État et la région Île-de-France. Depuis cette date, le prix du pass Navigo augmente chaque année à hauteur de l’inflation plus 1%. Un dispositif qui « permet de partager équitablement l’effort entre les différents acteurs, sans faire peser le financement des investissements uniquement sur les usagers », selon Île-de-France Mobilités. Ce qui n’empêche pas les utilisateurs de constater amèrement une hausse du tarif à chaque nouvelle année…

I.N

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