
Le procès du navigateur français Kevin Escoffier, poursuivi par le tribunal correctionnel de Lorient pour des agressions sexuelles sur quatre femmes, en France et à l’étranger, a été renvoyé au 9 novembre à la demande du parquet.
Au cours d’une audience, lundi 30 mars, le ministère public a motivé la demande de report par l’envoi trop tardif de documents par l’avocate du skipper. Les parties civiles ont souligné la difficulté des plaignantes de venir à l’audience, mais ont déclaré comprendre les arguments du parquet.
Dans la matinée, le collectif féministe Nous toutes Lorient avait appelé à un rassemblement devant le palais de justice pour soutenir les victimes et « briser le silence sur les violences qui règnent sur le milieu de la course au large ».
L’enquête s’est appuyée sur les plaintes de quatre femmes qui dénoncent des agressions sexuelles de la part de M. Escoffier dans différents lieux : Newport, mais aussi Lorient, le Brésil et Melbourne (Australie). Au moins une partie des faits aurait été commise alors que le skippeur était en état d’ébriété, selon des témoignages. Des faits qu’il conteste.
Enquête ouverte en juillet 2023
Kevin Escoffier sera notamment confronté à l’ancienne attachée de presse de son équipe. Dans sa plainte, cette Française, aujourd’hui âgée de 33 ans, affirme avoir été agressée par lui dans un bar de Newport (Rhode Island, Etats-Unis) en mai 2023 lors d’une étape de l’Ocean Race, une course autour du monde en équipage.
« Si ce procès a lieu aujourd’hui, c’est parce que ma cliente a été la première à dénoncer les agressions sexuelles qu’elle a subies. Son courage a rendu cette action en justice possible », a souligné lundi son avocate, Me Caroline Toby. Kevin Escoffier avait été placé en garde à vue en février 2025 dans le cadre d’une enquête ouverte en juillet 2023 par le parquet de Paris puis transférée à celui de Lorient.
Ingénieur naval et membre d’une illustre famille de marins bretons, il s’est fait connaître du grand public en frôlant la mort en novembre 2020 durant le Vendée Globe. Naufragé lors d’une tempête au large du cap de Bonne-Espérance, il avait sauté dans son radeau de survie avant d’être secouru in extremis par son concurrent Jean Le Cam.
Le Canard enchaîné avait été poursuivi en diffamation par Kevin Escoffier pour un article évoquant l’agression présumée de Newport et un « #MeToo de la voile » en octobre 2023. Le journal a été relaxé en mai 2025 par le tribunal correctionnel de Paris qui a reconnu que l’enquête reposait « sur un ensemble d’éléments croisés et recoupés ».
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le Monde Ateliers
Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
La plaignante défendue par Me Toby avait été citée comme témoin lors de ce procès. Elle avait raconté à la barre comment, alors qu’elle cherchait son équipe dans le bar de Newport, elle avait rencontré Kevin Escoffier. Tandis qu’elle s’apprête à donner une accolade au skippeur, celui-ci lui « presse les seins avec ses mains », a affirmé la jeune femme. « Il commence à me palper une fesse, puis l’autre », « et sa main commence à remonter sous mon tee-shirt ».
Peu après la médiatisation des accusations contre lui en juin 2023, le navigateur avait quitté l’équipe du monocoque Holcim-PRB en pleine Ocean Race. En octobre 2023, « compte tenu du faisceau d’indices portés à sa connaissance », la Fédération française de voile (FFVoile) avait suspendu le navigateur de toute compétition pour dix-huit mois et lui avait retiré provisoirement sa licence pendant cinq ans. Mais elle a annulé ces mesures en mars 2024, invoquant un « vice de procédure ».

