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La formation de nos médecins est-elle adaptée à la diversité des territoires et des populations ? C’est très précocement, lors de l’entrée dans les études de santé, que s’opère cette répartition. Comment, dès lors, prôner un mode de sélection que l’on sait socialement et géographiquement injuste ?
La souvent dénommée « première année de médecine », alors qu’elle oriente aussi vers d’autres professions de santé, s’apparente aux classes préparatoires aux grandes écoles par une sélection rigoureuse et la nécessité d’un travail acharné. Mais elle s’en distingue par une sélection en une seule année d’un enseignement délivré en amphithéâtre : amphi le plus souvent vide car, le cours étant enregistré, il est désormais suivi, à la façon d’un podcast vidéo, en différé sur un écran individuel.
Jusqu’en 2020, la première année commune aux études de santé constituait la voie unique d’accès à un concours dont le nombre de places était contingenté par un numerus clausus national, instauré en 1971. En 2018, le président de la République annonce la suppression du numerus clausus et une rénovation complète des études de santé, critiquées, d’une part, pour avoir contribué à la pénurie et la mauvaise répartition géographique des professionnels ; d’autre part, pour laisser sans perspective un grand nombre d’étudiants qui, après deux tentatives infructueuses au concours, se voyaient sommés de reprendre à zéro un cursus universitaire.
La mauvaise projection des besoins en médecin et le gâchis humain ont conduit à la nécessité de réviser le modèle par l’instauration de deux voies d’accès distinctes et l’organisation d’un oral commun pour les candidats admissibles. La première voie, dite « Pass » (Parcours d’accès spécifique santé) reproduit peu ou prou l’ancien modèle, avec une sélection à partir de questionnaires à choix multiples, occasionnant un recours massif et coûteux aux préparations privées, concentrées dans les grandes métropoles.
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