« La poussière commence à retomber. » Comme beaucoup de gérants de la pierre-papier, Foulques de Sainte Marie, dirigeant de la société de gestion Mata Capital, estime que le plus dur est passé. Cela fait trois ans que les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) sont plongées dans une crise aux multiples facettes.
Crise immobilière, d’abord. La remontée des taux d’intérêt a mis à mal les valorisations des actifs en portefeuille, donc leurs prix de part, basés sur eux. Crise de liquidité, ensuite. Effrayés par ces dévalorisations en cascade, les épargnants se sont pressés pour sortir de ces fonds. Mais ils se sont retrouvés coincés, précédés par les investisseurs institutionnels (assureurs, fonds…) qui, sentant le coup venir, s’étaient précipités plus tôt pour retirer leurs billes. Croulant sous les demandes de sortie et pénalisés par une collecte au ralenti, les gérants de SCPI ont été bien incapables de satisfaire tout le monde.
A fin 2025, près de 3 milliards d’euros de parts étaient encore en attente de retrait (soit 3,1 % de la capitalisation totale du marché), alors que 967 millions d’euros avaient déjà fait l’objet d’une compensation sur le marché secondaire.
Des SCPI ont terminé l’année en décollecte nette : − 17 millions d’euros pour Accimmo Pierre de BNP Paribas REIM, lancée en 1992, et − 24 millions d’euros pour Epargne foncière (créée en 1968, troisième plus grosse SCPI du marché avec 4,1 milliards d’euros de capitalisation), de La Française REM. Cette même société de gestion obtient le bonnet d’âne pour Sélectinvest 1, qui a perdu 35 millions d’euros l’année dernière.
Crise de confiance, enfin. Les baisses successives des prix de part ont suscité la méfiance envers certaines sociétés de gestion. De même, des tentatives commerciales de fonds en difficulté (réduction du délai de jouissance, hausse des commissions des partenaires distributeurs de l’ordre de 4 % à 8 % habituellement …) ont été perçues, au mieux, comme des maladresses.
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