• Alors que les prix des carburants ne cessent d’augmenter, l’inquiétude grandit autour des conséquences sur notre quotidien de la guerre au Moyen-Orient.
  • Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, assure au « Figaro » que « la crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies ».
  • Il appelle à la réouverture du détroit d’Ormuz pour faire face à un mois d’avril qu’il qualifie déjà de « noir ».

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Plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient

Lancée depuis maintenant 39 jours, la guerre au Moyen-Orient (nouvelle fenêtre) redessine déjà les contours d’une économie mondiale de plus en plus fébrile. Cette dernière « va souffrir », prévient Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, dans un entretien au Figaro (nouvelle fenêtre) publié lundi 6 avril. « Le monde n’a jamais connu une perturbation de l’approvisionnement énergétique d’une telle ampleur », assure-t-il. « Si l’on regarde les trois grandes crises pétrolières et gazières passées, la crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies. Nous sommes confrontés à un grand choc énergétique, qui combine choc gazier et choc alimentaire », insiste-t-il.

Il faut être conscient que le mois de mars a été très difficile mais qu’avril sera bien pire

Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie

Fatih Birol indique qu’Emmanuel Macron « a joué un rôle crucial dans la décision de libérer des stocks pétroliers sur les marchés » alors que la France est actuellement à la présidence du G7 et que les risques de pénurie inquiètent de plus en plus. Quelque 400 millions de barils sont concernés, soit « la plus grande libération de stocks de l’Histoire ». Mais ce chiffre ne représente que « 20% » des stocks mondiaux. « Il nous en reste encore 80% dans nos poches. Nous les utiliserons si nécessaire mais j’espère que ce ne sera pas le cas », dit-il. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie explique que la baisse de la production de pétrole des pays du Golfe est « énorme ».

« Ils ne produisent plus qu’un peu plus de la moitié du pétrole extrait avant la guerre. Et, pour le gaz naturel, plus rien en exportation. Il faut être conscient que le mois de mars a été très difficile mais qu’avril sera bien pire », souligne-t-il, affirmant que nous entrons dans un « avril noir ». Il estime que « la seule, vraie, solution » reste « la réouverture du détroit d’Ormuz ». « Tant qu’il restera fermé, l’économie mondiale sera confrontée à de très grandes difficultés », dit-il.

Le président de l’AIE recommande aux pays « d’utiliser l’énergie de la manière la plus prudente possible, en l’économisant et en améliorant son efficacité ». Mais il se veut tout de même « optimiste », assurant que cette crise énergétique devrait à terme accélérer le développement des énergies renouvelables, nucléaires et des véhicules électriques.

La rédaction de TF1info

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