Il est la surprise de la campagne des municipales à Bordeaux : l’universitaire Philippe Dessertine, élégant sexagénaire sans parti ni militants, s’est imposé en quelques mois comme le troisième homme des élections des 15 et 22 mars, entre le maire écologiste sortant Pierre Hurmic et le candidat de la droite et du centre Thomas Cazenave. Et détient la clé du scrutin dans la capitale girondine.
Archétype du bourgeois bordelais, entré dans la course mi-septembre 2025 sous l’œil condescendant de ses rivaux, l’économiste libéral a bluffé le Landerneau bordelais, lundi 23 février, en remplissant le Théâtre Femina (1 100 places), une performance jusqu’ici atteinte, de mémoire de Bordelais, par le seul Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI).
Une arrivée de star au Femina sur la musique qui accompagne l’entrée des Girondins sur le terrain, un discours sans notes d’une heure trente, Philippe Dessertine, à la tête d’une liste « citoyenne », se veut « hors système » et fait le pari, dit-il au Monde, d’un « projet incarné, en dehors des partis traditionnels ». Il a su attirer au premier rang de ses supporteurs l’international de rugby Cameron Woki, et sur sa liste l’ancien international de football Johan Micoud, joueur emblématique des Girondins dans les années 1990, ou le fondateur du World Impact Summit, Nicolas Pereira. Mais aussi des soutiens encartés au Parti socialiste ou chez Les Républicains (LR), qui ont été priés de venir « à titre personnel, sans leur étiquette ».
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