
Une petite salle au bout d’un chemin en terre, un toit en tôle, quelques chaises en plastique… et des icônes aux murs. La modeste église Saint-Gerasmos, dans la banlieue de Nairobi, est l’un des visages de l’expansion africaine de l’Eglise orthodoxe russe. Le ralliement de cette petite communauté kényane à l’exarchat africain du patriarcat de Moscou remonte à quelques mois. En tout, Moscou revendique 350 paroisses sous son autorité sur le continent – en 2022, elles n’étaient que cinq. Derrière cette progression, dont l’ampleur réelle est contestée, se révèle une nouvelle facette de la stratégie d’influence du Kremlin en Afrique.
Pour justifier ce basculement, les paroissiens de Saint-Gerasmos, qui dépendaient jusque-là du patriarcat d’Alexandrie, évoquent les difficultés que rencontrait leur communauté, régulièrement à la peine pour payer le loyer de l’église ou obligée de partager un prêtre avec d’autres paroisses. Moscou s’est imposé comme une solution. Lorsque la liturgie commence, ce dimanche de mars, les chants s’élèvent en swahili, la langue la plus parlée du Kenya. Le déroulé de la messe est le même que chez les orthodoxes grecs.
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