
L’Equateur a lancé, dimanche 15 mars dans la soirée, un plan de deux semaines pour lutter contre le narcotrafic, soutenu par les Etats-Unis et sous de stricts couvre-feux dans les régions les plus touchées par la violence.
Allié fidèle de Washington, le président équatorien, Daniel Noboa, mène depuis plus de deux ans une guerre contre les cartels de la cocaïne, mais les chiffres des homicides, disparitions, extorsions et autres délits ne reculent pas.
Entre dimanche soir et le 31 mars, les forces armées équatoriennes déclencheront une « offensive très forte » avec le « conseil » des Etats-Unis, a annoncé, mardi, le ministre de l’intérieur, John Reimberg. « Restez chez vous (…) c’est pour votre propre sécurité (…) afin que nous n’ayons ensuite aucune conséquence que nous ne souhaiterions pas », a-t-il ajouté, tout en annonçant des « checkpoints » comme pendant la pandémie de Covid-19.
Pendant deux semaines, les Equatoriens des provinces côtières de Guayas, Los Rios, Santo Domingo de los Tsachilas et El Oro auront interdiction de sortir entre 23 heures (5 heures du matin à Paris) et 5 heures du matin (11 heures). Pendant le couvre-feu, seuls pourront circuler les voyageurs munis de leur billet d’avion, le personnel de santé et les services d’urgence.
Alliance de dix-sept pays
Quelque 75 000 militaires lourdement armés participent aux opérations, accompagnés de convois de fourgons blindés, de motos et d’hélicoptères, selon des images diffusées par les autorités. Le gouvernement est resté muet sur les détails de la mission et sur la question de savoir s’il déploiera des troupes américaines sur son territoire, comme cela a déjà été le cas sous la présidence de M. Noboa.
L’Equateur fait partie de l’alliance de 17 pays créée par le président américain, Donald Trump, pour lutter contre le narcotrafic dans la région, à la suite d’un accord scellé au début du mois à Miami, en Floride, sous le nom de « Bouclier des Amériques ».
Environ 70 % de la cocaïne produite chez ses voisins, la Colombie (au nord) et le Pérou (au sud), les plus grands producteurs au monde, transitent par l’Equateur pour être exportés via ses ports sur le Pacifique.
De nombreux groupes criminels équatoriens mais aussi mexicains se disputent le marché, entraînant une hausse des homicides dans le pays. Le nombre de morts violentes a atteint un record de 9 216 cas en 2025. L’Equateur affiche un taux d’homicides record proche de 52 pour 100 000 habitants, selon les estimations de l’Observatoire du crime organisé.

