Les affrontements qui opposent, depuis le 26 février, l’Afghanistan et le Pakistan, jusqu’à la frappe meurtrière qui a touché, le 16 mars au soir, un centre de rétention pour toxicomanes, à Kaboul, ne doivent rien à la volonté de conquérir le territoire voisin. Côté Pakistan, on dit être ulcéré de voir des talibans afghans refuser de prêter main-forte contre les groupes insurrectionnels qui sévissent sur la frontière commune. Mais ce grief se double d’une profonde désillusion. Islamabad a cru, à tort, que le retour au pouvoir des islamistes à Kaboul, en 2021, ferait de l’Afghanistan une arrière-cour au service de ses intérêts.
Le 17 mars, l’Organisation des Nations unies assurait que les attaques croisées, depuis le 26 février, avaient déjà causé la mort « d’au moins 300 civils » et contraint près de 115 000 Afghans et 3 000 Pakistanais à fuir leurs villages. Malgré les appels au calme, le gouvernement d’Islamabad a déclaré, début mars, qu’il n’y aurait « pas de pourparlers » avec l’Afghanistan, tant que Kaboul continuerait d’héberger le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP, Tehrik-e-Taliban Pakistan) qui lance, selon lui, des attaques contre son territoire. Des accusations rejetées par le voisin afghan.
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