Des corbeaux survolent une meute de loups, dans le parc de Yellowstone (Etats-Unis), le 23 mars 2025.

Les grandes découvertes commencent presque toujours par des questions simples. L’une d’elles tournait depuis quelques années dans la tête de John Marzluff, professeur de zoologie à l’université de Washington : « Nous savions, d’après nos travaux antérieurs, que voir un loup est une garantie de voir également un corbeau. Pourquoi l’inverse n’est-il pas vrai ? » Il poursuit : « Autrement dit, nous en savions beaucoup sur la relation entre ces deux espèces du point de vue du loup, mais très peu du point de vue du corbeau. » Un constat d’autant plus frustrant quand on a, comme lui, étudié les corvidés toute sa vie, un peu partout dans le monde.

Dan Stahler, biologiste au parc de Yellowstone (Etats-Unis), ne s’était, lui, jamais posé la question. Depuis près de trente ans qu’il suivait les loups – réintroduits dans le parc au début des années 1990 −, leur présence continue aux côtés des grands oiseaux noirs semblait aller de soi. « Pour nous, la stratégie des corbeaux était évidente : coller au plus près des loups, raconte-t-il. En réalité, nous n’en avions aucune idée, car nous ne les mettions jamais au centre de notre observation. »

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