Alors qu’un homme de 42 ans soupçonné d’avoir enlevé en Aveyron son ex-compagne et leur fils, âgé de 12 ans – dont il avait perdu la garde –, a été interpellé mardi soir au Portugal en compagnie de l’adolescent et de la fillette qu’il avait eu d’une autre union, tous deux sains et saufs, les deux femmes – dont l’actuelle compagne du suspect – ont été retrouvées mortes mercredi 25 mars au Portugal, selon une source proche à l’Agence France-Presse.
Une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration de plusieurs personnes » avait été ouverte par le parquet de Montpellier à la suite de leur disparition vendredi de leur maison du village de Vailhourles, immédiatement jugée inquiétante par les enquêteurs. Un avis de recherche avait aussitôt été transmis aux pays limitrophes. En 2021, le suspect était déjà parti illégalement en Espagne avec son fils, pendant plusieurs semaines. Il entretenait un rapport très conflictuel avec son ex-compagne.
Il a été interpellé mardi soir par la police portugaise à Mêda, petite ville d’environ 7 000 habitants à près de 200 km à l’est de Porto, non loin de la frontière espagnole, et placé en garde à vue, précisait plus tôt dans la journée de mercredi le procureur de Montpellier Thierry Lescouarc’h dans un communiqué. « Les investigations se poursuivent en liaison avec les autorités judiciaires portugaises dans le cadre de l’entraide judiciaire européenne en matière pénale, pour rechercher et localiser les deux femmes disparues », avait-il ajouté.
Les investigations ont débuté vendredi à la suite d’un signalement effectué par un membre de la famille de la mère de l’adolescent ayant constaté la disparition de cette femme de 40 ans et de son fils à Vailhourles, village aveyronnais de 650 habitants.
Important dispositif dès le jour de la disparition
La mère, travaillant pour une compagnie d’assurances, ne s’était pas présentée à son travail et son fils était absent au collège. Domicilié à Savignac, également en Aveyron, le père de l’adolescent, un ancien policier de 42 ans actuellement sans emploi, « a déjà été condamné pour non-représentation d’enfant et harcèlement sur ex-conjoint », avait dit le procureur de Rodez, Nicolas Rigot-Muller, avant que le pôle criminel du parquet de Montpellier ne reprenne le dossier. Le père avait été déchu de son droit de visite, selon M. Rigot-Muller.
D’importants moyens ont été déployés dès le jour de la disparition pour ratisser l’Aveyron, ainsi que le département voisin du Tarn-et-Garonne. Une soixantaine de gendarmes ont été mobilisés notamment dimanche, aidés de drones, d’hélicoptères, d’équipes cynophiles et de plongeurs qui ont sondé lacs et rivières, sans encore rien trouver de déterminant pour localiser les deux femmes.
Sur les réseaux sociaux, le père affirmait que son fils était « en danger » auprès de sa mère et dénonçait l’impossibilité d’obtenir un droit de garde. En mars 2023, il avait affirmé au quotidien aveyronnais Centre Presse que son ex-conjointe exerçait « des pressions » sur leur enfant et se livrait à de « fausses déclarations et de fausses attestations ».

