Milagros Mumenthaler à Saint-Sébastien (Espagne), en septembre 2025.

Une vie peut-elle soudainement bifurquer ? Sortir des rails d’un quotidien parfaitement rangé ? La question traverse Las corrientes, troisième long-métrage de la réalisatrice suisse argentine Milagros Mumenthaler, l’histoire d’une femme dont l’existence se délite peu à peu après avoir plongé dans un fleuve sur un coup de tête. « On est aujourd’hui dans une société beaucoup plus libre en apparence, mais à quel point est-ce vrai ?, s’interroge-t-elle quand on la rencontre en mars au café d’un hôtel parisien. On est pris dans tout un système de règles, ce qu’il est correct de faire ou non. Dans le film, Lina fait tout ce que la société attend d’elle. Elle a tout ce qu’il faut pour être heureuse : un mari aimant, un enfant en bonne santé, du succès dans son travail… Et pourtant, quelque chose ne va pas. »

Au moment d’écrire le film, la cinéaste voulait composer un personnage complexe qui évolue quelque part « entre la vie et la mort. Une femme transfuge de classe qui a vécu un trauma qu’elle a enterré en elle ». Milagros Mumenthaler cherchait à faire ressentir son dérèglement intérieur sans jamais donner d’explications toutes faites : « Je pense qu’il y a un mystère qui doit être là. Celui de nos vies. J’ai un fils de 14 ans que j’ai vu presque tous les jours depuis sa naissance et pourtant une partie de lui reste impénétrable, et c’est bien comme ça. Cette écriture traverse tous mes films. Les clés sont là, mais c’est au spectateur de se laisser porter sans chercher à tout comprendre. »

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