• Selon un sondage publié lundi, une majorité de Français se dit satisfaite des services publics dans le pays.
  • Toutefois, 73% d’entre eux estiment qu’ils ne bénéficient pas d’assez de moyens par rapport aux besoins de la population.
  • 40% des personnes interrogées militent pour un regroupement en un seul et même lieu des différents services.

Quelle image et quelles attentes les Français ont-ils des services publics ? Alors que cette question fera partie des enjeux pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains, une enquête* publiée lundi 9 février par le think tank Le Sens du service public, la Fondation Jean-Jaurès et la Casden Banque populaire s’est penchée sur la question. Selon ce sondage, plus de sept Français sur dix expriment « une satisfaction globale envers les services publics locaux »

Plus la proximité avec ces services est forte, plus la satisfaction est élevée. Ainsi, 73% des sondés se disent contents des services publics à l’échelle de leur commune, contre 72% à l’échelle de l’intercommunalité et 55% à l’échelle de la France. Ce sont les habitants des communes rurales qui semblent les moins convaincus (68% à l’échelle communale et 48% à l’échelle nationale).  

Financer les services par un retour de la taxe d’habitation ?

Autre enseignement de l’étude (nouvelle fenêtre) : selon la majorité des répondants, les services publics locaux manquent de moyens. Ils sont 73% à se dire d’accord avec l’affirmation « les services publics locaux n’ont pas assez de moyens par rapport aux besoins de la population ». Là encore, la tendance est plus marquée chez les résidents dans une commune rurale : 77% d’entre eux pensent que les services publics locaux manquent de moyens. 

Et surprise, pour mieux les financer, 39% des personnes interrogées se disent… favorables à un retour de la taxe d’habitation (nouvelle fenêtre). « Si cette mesure rencontre l’opposition ferme de 29% des interviewés qui y sont tout à fait opposés (61% d’opposants au total), il n’en demeure pas moins que presque quatre Français sur dix soutiennent son rétablissement en contrepartie d’une amélioration du fonctionnement des services publics locaux », pointe l’étude.

Si l’on regarde du côté des affiliations politiques, ce sont les sympathisants du Rassemblement national qui semblent les plus défiants face aux services publics locaux, avec seulement 52% d’entre eux disant bénéficier directement ou indirectement des services publics locaux contre 63% en moyenne en France. Ils sont 65% à considérer qu’ils ne sont pas assez efficaces (contre une moyenne à 55%). « Les proches des autres grandes forces politiques sont en ligne avec la moyenne des Français », soulignent enfin les auteurs de l’étude.

Tout regrouper pour une meilleure efficacité ?

Par ailleurs, 69% des personnes interrogées estiment que l’État « délègue trop de missions aux communes et intercommunalités qui ne relèvent pas de leurs compétences : santé, sécurité, accès aux services publics de l’État (France Services) ».  Selon les répondants, les communes et intercommunalités devraient être en charge des domaines du quotidien comme la gestion des déchets, la garde d’enfants, l’eau, l’urbanisme, le sport, le soutien aux associations ou le logement. L’État, lui, se voit chargé des enjeux plus généraux comme la justice, la santé, la sécurité ou l’éducation.

Selon l’étude, les Français se disent également favorables à 40% à un regroupement en un seul et même lieu des services publics, les plus de 65 ans se disant favorables à 49% à cette mesure. Par ailleurs, ils sont 29% à demander une « assistance humaine pour être écoutés et accompagnés individuellement » et 25% à préconiser « d’ouvrir de nouveaux guichets de proximité ». Enfin, 16% des sondés se disent en attente d’un développement de services publics itinérants.

Toutefois, ce développement ne rime pas forcément avec numérisation. Seuls 21% des répondants l’estiment comme une mesure prioritaire et seulement 19% des 18-24 ans et des plus de 65 ans la perçoivent comme une mesure d’amélioration. Ce sont d’ailleurs les plus jeunes qui demandent le plus d’accompagnement numérique pour être aidés dans les démarches en ligne (15% pour les 18-24 ans et 13% pour les 25-34 ans), contre 9% pour les 65 ans et plus et 10% des Français en moyenne. 

*Sondage réalisé par OpinionWay auprès d’un échantillon de 2.000 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview) du 7 au 12 janvier 2026. 

A.B.

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