
Les finances de l’Union européenne (UE) sont la cible de réseaux criminels organisés. Ce constat n’est pas nouveau, mais la nature et l’ampleur de ces atteintes évoluent. Le dernier rapport d’activité du parquet européen (EPPO), publié lundi 2 mars, donne une image plus précise et alarmante de la menace.
Pour l’ensemble de ses enquêtes en cours, l’EPPO évalue à 67,27 milliards d’euros le préjudice financier total aux dépens de l’UE, soit presque le triple par rapport à 2024 (24,8 milliards d’euros). « C’est énorme, réagit Laura Kövesi, qui dirige le parquet européen depuis son lancement opérationnel, en 2021. Malheureusement, ces chiffres continueront d’augmenter dans les années à venir. » Cela dépasse de loin les premières évaluations du phénomène. « Au moment des travaux de préfiguration du parquet européen, l’estimation la plus folle était de 50 milliards d’euros de préjudice, se souvient Frédéric Baab, aujourd’hui procureur européen pour la France. On a largement dépassé ce niveau. »
Si le chiffre susmentionné s’explique, de manière mécanique, par le nombre d’enquêtes en cours (3 602 au 31 décembre 2025, en hausse de 35 % par rapport à 2024), il est aussi la conséquence d’une fraude croissante et dont la nature a évolué. Les finances de l’UE ont toujours été victimes de deux types de fraude. D’une part, les détournements de fonds européens dans le cadre de programmes d’aide ; d’autre part, le manque à gagner lié au non-paiement de la TVA et des droits de douane.
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